in

Quels sont les progrès en matière d’enzymes mangeuses de plastique ?

Crédits : Pexels / mali maeder

Il y a cinq ans, des chercheurs nippons découvraient par hasard des enzymes capables de se nourrir d’un certain type de plastique. Depuis, la recherche scientifique a progressé, notamment au Royaume-Uni et en France.

Des enzymes capables de dégrader du plastique

Le plastique est un fléau, notamment pour les océans. En 2016, une agence néo-zélandaise estimait la quantité de plastique sous forme de particules flottantes à 5,25 milliards. De plus, la plupart de ces plastiques sont présents au sein des cinq « vortex » de déchets que l’on retrouve dans l’océan Atlantique (nord et sud), l’océan Pacifique (nord et sud) ainsi que dans l’océan Indien. Depuis quelques années, une possible solution émerge toutefois : les micro-organismes mangeurs de plastique.

En 2016, des chercheurs japonais ont en effet découvert par hasard des enzymes capables de se développer sur du polytéréphtalate d’éthylène (PET). Surtout, ces mêmes enzymes peuvent faire de ce type de plastique leur principale source de nutriments, le digérer et donc le dégrader. Selon l’étude, ces organismes ont évolué spécialement pour pouvoir vivre sur du PET. Rappelons au passage que dans les années 1990, il fut déjà question d’enzymes ayant ce type de capacité. En revanche, il s’agissait de plastique biodégradable, et donc non issu du pétrole.

Un nouveau concept : le recyclage enzymatique

Selon un article de The Guardian publié le 5 février 2022, des progrès ont été réalisés depuis la découverte de 2016. L’enzyme mis en lumière par les scientifiques japonais a en effet été « boostée » par une équipe britannique. Elle est ainsi désormais capable de dégrader le PET plus rapidement. Aujourd’hui, le Royaume-Uni dispose en outre d’un centre d’innovation dont l’objectif est de progresser sur ce genre d’enzymes. En 2020, ce centre a permis la création d’une enzyme ultra-performante après la combinaison des capacités de deux différents micro-organismes. Citons également l’Université de Portsmouth qui a entamé une collaboration avec le géant du soda Coca-Cola.

plastique enzymes
Crédits : Carbios

En France, le projet Carbios mène quant à lui des travaux sur un système de recyclage basé sur des enzymes (voir vidéo en fin d’article). Selon les premiers résultats, il serait possible de recycler le PET de manière infinie, et ce, sans aucune perte en termes de qualité. À l’échelon international, le projet Bottle est pour sa part en pourparlers avec certaines grandes sociétés. D’une manière générale, les chercheurs qui s’intéressent aux enzymes mangeuses de plastique estiment que le concept de recyclage enzymatique n’est pas plus onéreux que la production de nouveaux plastiques.

Si les progrès en la matière sont évidemment bienvenus, il faut savoir que le recyclage enzymatique ne peut pas être considéré comme une solution ultime. En effet, ce procédé fonctionne seulement si l’on porte le plastique à une certaine température. Ainsi, les enzymes sont incapables d’assurer un quelconque recyclage seules dans la nature. Aussi, ce genre de technologie doit accompagner un projet de réforme des systèmes de production des plastiques et d’un changement de nos modes de consommation.