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Programme Artemis : Blue Origin livre une première maquette de son alunisseur

La maquette de Blue Origin livrée dans les locaux de la NASA. Crédits : Blue Origin

Blue Origin, la société de vols spatiaux de Jeff Bezos, vient de proposer à la NASA une maquette grandeur nature de son futur alunisseur. Le projet pourrait être sélectionné par l’agence spatiale pour transporter des astronautes sur la Lune en 2024.

En mai dernier la NASA annonçait avoir attribué trois contrats pour commencer le développement de systèmes d’atterrissage lunaire qui permettront au prochain homme et à la première femme de se poser sur la Lune en 2024 dans le cadre du programme Artemis. Les entreprises choisies sont les suivantes : Blue Origin, Dynetics et SpaceX.

Avec ces trois sous-traitants, je pense que la NASA a tout ce dont elle a besoin pour réussir son atterrissage lunaire 2024, avait déclaré Jim Bridenstine, administrateur de l’agence. Nous sommes ravis. Ces entreprises n’apportent pas seulement des conceptions uniques, elles proposent également des histoires et des philosophies propres à chacun de leur développement“.

Blue Origin montre les dents

Dès lors, toutes se sont attelées à concevoir et développer des prototypes d’alunisseurs à présenter aux responsables de l’agence américaine. Et Blue Origin n’a visiblement pas perdu de temps. En effet, une première maquette grandeur nature vient d’être livrée dans au Johnson Space Center de la NASA, à Houston. Il restera dans ces locaux jusqu’au début de l’année.

Tester cette maquette d’ingénierie est une étape vers la concrétisation de cette mission historique, a déclaré Brent Sherwood, vice-président des programmes de développement avancés de la société. Bénéficier de l’expertise et des commentaires de la NASA à ce stade précoce nous permettra de développer un système commercial sûr qui répondra aux besoins de l’agence“.

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L’atterrisseur proposé par Blue Origin. Crédits : NASA

Côté structure, cet alunisseur de 12 mètres de haut se décompose en trois parties. Un étage de descente se chargera de transporter les astronautes vers la surface lunaire, propulsé par un module de transfert. Un véhicule d’ascension se chargera, au contraire, de les extraire de la surface pour les ramener vers la capsule Orion, dont la société Lockheed Martin est le principal maître d’oeuvre.

Pour rappel, les astronautes se lanceront depuis la Terre à bord de cette capsule, coiffée au sommet de l’énorme fusée Space Launch System de la NASA.

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Sur cette image de synthèse, on peut observer de gauche à droite : le module de transfert, le module de descente et enfin le module d’ascension. Crédits : Blue Origin

Un objectif ambitieux

Dans le cadre de ce programme, Blue Origin s’est ainsi vue octroyée la somme de 579 millions de dollars. L’équipe de Dynetics bénéficie elle d’une enveloppe de 253 millions de dollars, et SpaceX d’un budget de 135 millions de dollars. Notez que ces montants ne reflètent aucune préférence aux yeux de l’agence américaine, mais sont basés sur les sommes demandées par chacune des trois équipes pour développer leurs prestations.

De son côté, la société Dynetics semble bien partie pour développer un module très similaire à ceux des missions Apollo, avec une cabine proche du sol. Quant à SpaceX, la société compte s’appuyer sur sa fusée réutilisable “Starship” – dont un nouveau prototype s’est envolé il y a quelques jours – pour faire des allers-retour entre la Terre et la Lune.

Une fois tous ces projets étudiés, la NASA n’en choisira probablement qu’un. Du moins, dans le cadre des premières missions lunaires à venir.

Quant à l’idée de rejoindre la Lune en 2024, la NASA garde espoir, mais reste consciente que l’objectif paraît très ambitieux. En attendant, l’agence va devoir franchir plusieurs étapes importantes, à commencer par le lancement d’Artemis 1, reportée de 2020 à 2021. Pour ce vol, le lanceur SLS doit partir avec la capsule Orion pour une mission non habitée autour de la Lune. Le reste du calendrier dépendra de la tenue de cette mission.