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Le prochain vol du Starship pourrait être encore plus ambitieux

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Une vue sur les moteurs Raptor de la fusée Starship. Crédits : SpaceX

La prochaine mission du vaisseau spatial Starship de SpaceX, qui sera le troisième vol du véhicule, pourrait être plus ambitieuse et complexe que les précédentes. Lors d’une récente présentation, Lakiesha Hawkins, administratrice associée adjointe du bureau du programme Moon to Mars de la NASA, a suggéré que cette opération pourrait inclure un test de ravitaillement en orbite.

Une « station-service » dans l’espace

Afin de transporter des astronautes vers la Lune, le vaisseau spatial Starship de SpaceX devra être ravitaillé directement dans l’espace. En pratique, un premier vaisseau habité décollera pour atteindre l’orbite terrestre. Il s’arrimera ensuite à un vaisseau-citerne, préalablement chargé en propulseurs par plusieurs vaisseaux Starship, qui se chargera du transfert du carburant nécessaire. Par la suite, le Starship habité pourra entamer son voyage vers la Lune.

Cette approche découle de contraintes liées à la masse. Les réservoirs de carburant pleins ajoutent en effet considérablement au poids de la fusée, ce qui rendrait difficile, voire impossible, le lancement de la charge utile souhaitée directement depuis la surface de la Terre. En optant pour une stratégie de ravitaillement en orbite, SpaceX peut ainsi diviser la charge utile en plusieurs lancements, réduisant ainsi la masse que chaque lanceur Starship individuel doit transporter.

Il y a plusieurs mois, SpaceX avait avancé que cette approche nécessiterait l’envol d’une dizaine de fusées Starship pour satisfaire une mission lunaire, dont la plupart emporteraient des vaisseaux-cargo. En réalité, selon Lakiesha Hawkins, administratrice adjointe du bureau du programme Moon to Mars de la NASA, le nombre de lancements nécessaires sera plutôt d’une quinzaine.

Starship
Illustration d’un Starship ravitaillé en carburant par un vaisseau-cargo. Crédits : SpaceX

Un premier test grandeur nature bientôt prévu

Pour préciser ce point de la mission, le mieux serait encore d’effectuer un premier test de ravitaillement en orbite. D’ailleurs, selon Lakiesha Hawkins, cette étape cruciale pourrait même être testée dès le prochain vol du Starship. Rien n’est cependant confirmé officiellement. Il faut donc prendre cette annonce avec des pincettes.

Ce test est prévu depuis un certain temps déjà. En octobre 2020, la NASA avait en effet accordé à SpaceX un contrat de 53 millions de dollars pour effectuer l’un de ces essais en orbite terrestre, au cours duquel SpaceX devait transférer onze tonnes d’oxygène liquide entre les réservoirs d’un véhicule Starship. Cependant, on ne pensait pas qu’un tel essai pourrait intervenir si tôt dans la préparation de la fusée qui, on le rappelle, n’a effectué que deux vols jusqu’à présent, dont aucun n’a atteint sa cible.

Elon Musk estime de son côté que son nouveau prototype sera prêt avant Noël, alors que trois Starship sont déjà en production finale dans la grande baie de la Starbase. Tout dépendra donc de la Federal Aviation Administration (FAA). L’agence, qui délivre les licences de lancement, mène actuellement une enquête sur le second vol de la fusée.