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Le prix de la nourriture a grimpé en raison d’une pénurie d’engrais

Crédits : Pixabay

Il y a quelques semaines, les prix des denrées alimentaires ont augmenté d’environ un tiers dans le monde entier par rapport à l’année précédente. Les causes ne sont pas nouvelles à l’exception de l’une d’entre elles : une pénurie d’engrais.

Les coûts des engrais au plus haut depuis dix ans

Dans un article du 27 septembre 2021, The Conversation a expliqué que les prix des produits alimentaires ont augmenté de 33 % par rapport à 2020. Les causes de cette hausse sont connues, à savoir les catastrophes naturelles impactant les récoltes, les coûts de transport ou encore la pénurie de main-d’œuvre. Néanmoins, un autre problème vient s’ajouter à la liste, à savoir la pénurie d’engrais.

Elena Sakhnova, analyste de la banque d’investissement russe VTB Capital a été interrogée sur le sujet par le média Bloomberg à l’occasion d’une interview le 20 septembre. Selon elle, il y a plusieurs raisons pour expliquer l’inflation alimentaire mondiale actuelle, dont le coût des engrais. Il s’avère que la potasse, le phosphate et l’azote sont à des niveaux inédits depuis environ une décennie. Citons également l’ammoniac, dont la tonne vaut 590 dollars aujourd’hui alors que son prix s’échangeait pour 200 dollars de moins en 2020.

Malheureusement, un manque d’engrais peut impacter le prix des denrées issues de l’agriculture, dont les coûts alimentaires des éleveurs et donc le prix des différentes viandes. Si le maïs se trouve en moindre quantité, les agriculteurs pourraient se rabattre sur d’autres cultures nécessitant moins d’engrais. Citons le soja, les pois et autres lentilles. Il est aussi possible que les professionnels du secteur n’aient d’autre choix que de réduire les quantités d’engrais ou baisser leurs achats concernant d’autres produits agricoles.

maïs cultures
Crédits : Pxhere

Une explosion du prix du gaz naturel

En réalité, la flambée des prix est une conséquence directe de l’augmentation du tarif du gaz naturel, matière première de l’azote. Or, le gaz représente les trois quarts des coûts de production de l’ammoniac, lui-même entrant dans la composition de nombreux engrais. Avec une augmentation du prix du gaz de 300 % depuis 2020, les producteurs perdent aujourd’hui de l’argent. En Europe, CF Industries a stoppé sa production dans deux usines britanniques, BASF (Allemagne) va limiter sa production également dans deux usines et Yara International (Norvège) va baisser sa production d’ammoniac de 40 %.

Aux États-Unis, les tempêtes récentes ont fait fermer plusieurs usines de manière temporaire. Citons également des problèmes de logistique notamment au niveau du fret, représentant 15 % du prix final, ainsi que des responsabilités au niveau des gouvernements. Une autre affaire a secoué le secteur : les sanctions des États-Unis et de l’Europe visant Belaruskali OAO, un grand producteur de potasse en Biélorussie. Ces sanctions avaient fait suite à l’arrestation d’un journaliste sur un vol de la compagnie Ryanair.