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Un trou noir géant d’environ 100 000 masses solaires détecté près du cœur de la Voie lactée

Crédits : Keio University

Une équipe d’astronomes annonce la découverte d’un trou noir géant d’environ 100 000 masses solaires près du cœur de la Voie lactée, ce qui en fait le deuxième plus grand trou noir connu de la galaxie après Sagittarius A.

Il existerait dans notre galaxie plusieurs dizaines de millions de trous noirs dits « stellaires », car provenant de l’effondrement sur elles-mêmes d’étoiles massives. De l’autre côté du baromètre vous retrouverez les trous noirs dits « supermassifs » généralement postés au centre des galaxies. Un trou noir central peut atteindre jusqu’à un milliard de masses solaires (voire plus) et devenir aussi volumineux que notre Système solaire tout entier. Vous avez enfin les trous noirs dits « intermédiaires » qui désignent en astrophysique les objets de quelques milliers de masses solaires, c’est-à-dire avec une masse se situant entre celle des trous noirs stellaires et les trous noirs supermassifs. C’est à cette catégorie qu’appartient notre nouvel ami.

La façon dont les trous noirs supermassifs se forment pour arriver à de telles mensurations déroute encore les scientifiques, ces derniers ne pouvant pas encore expliquer théoriquement comment certains de ces objets antiques et gigantesques semblent s’être formés lorsque l’Univers était encore très jeune. La présence de trous noirs de masse intermédiaire pourrait être la clé permettant de répondre à cette question. Les chercheurs pensent que ces derniers pourraient être les graines menant à leurs homologues plus massifs.

Crédits : Keio University

Ce pourrait être le cas ici avec ce nouvel objet découvert caché derrière un épais nuage de gaz appelé CO-0.40-0.22. Sa présence avait déjà été soupçonnée par cette même équipe japonaise, dirigée par l’astrophysicien Tomoharu Oka en janvier 2016 et qui repérait à l’époque déjà une cinématique très étrange dans ce nuage moléculaire avec des vitesses très dispersées. Il ne pouvait s’agir que de mouvements induits par l’effet gravitationnel d’un objet très compact. C’est aujourd’hui confirmé grâce aux nouvelles mesures prises par Grand réseau d’antennes millimétrique/submillimétrique de l’Atacama, au Chili.

Les auteurs de l’étude présentée dans la revue Nature Astronomy suggèrent par ailleurs que ce trou noir de masse intermédiaire aurait pris naissance dans une galaxie naine. La Voie lactée a en effet connu une fusion mineure avec une galaxie naine il y a environ 200 millions d’années grâce à l’étude de populations d’étoiles dans la région centrale de la Galaxie. Pour Tomoharu Oka et son équipe, le nuage CO-0.40-0.22 ne serait autre que l’ultime résidu d’une petite galaxie qui aurait été cannibalisée et dont le trou noir central serait maintenant en train de se rapprocher du centre de la Galaxie pour un jour fusionner avec Sagittarius A.

Les chercheurs continuent d’étudier le nuage de gaz et ses émissions d’ondes radio en vue d’en apprendre davantage sur ces objets énigmatiques.

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