in

Pendant la grossesse, il n’y a pas que le corps qui change. Le cerveau aussi

Crédits : Pixabay

Une étude récente suggère que la grossesse entraîne d’importantes modifications dans le cerveau qui persistent pendant au moins deux ans après la naissance chez la femme. Des changements qui permettraient à la mère de se préparer aux futurs besoins de son enfant.

Pendant la grossesse, il n’y a pas que votre corps qui change, mesdames. Votre cerveau également. Des changements dans la structure et la fonction cérébrale, notamment une réduction du volume de matière grise, se produisent dans les régions impliquées dans les interactions sociales comme la perception et l’interprétation des désirs, des émotions, des intentions et de l’humeur d’autrui ou de soi-même. Selon la psychiatre Elseline Hoekzema, de l’Université de Barcelone, ce sont des changements de nature hormonale qui permettraient de préparer la mère aux exigences de la prise en charge du bébé.

Cette étude a été menée sur une période de plus de cinq ans et le détail de ces travaux a été publié dans la revue Nature Neurosciences. Elseline Hoekzema et ses collègues ont analysé avant et après l’accouchement 25 femmes devenues mères pour la première fois à l’aide d’examens d’imagerie afin de caractériser les changements structurels induits par la grossesse dans la matière grise de leur cerveau. Par comparaison avec les cerveaux de 19 pères, 17 hommes sans enfants et 20 femmes n’ayant jamais accouché, les femmes dont c’était le premier enfant ont présenté une matière grise réduite dans les régions associées aux aptitudes sociales.

« La perte de volume de matière grise ne représente pas nécessairement une mauvaise chose », explique la psychiatre. « Elle peut aussi représenter un processus bénéfique de maturation ou de spécialisation ». Les auteurs ont également observé une augmentation de l’activité neurale dans certaines de ces régions cérébrales modifiées par la grossesse lorsqu’ils ont montré aux mères des photos de leur propre nourrisson.

Notons également que ces réductions de matière grise étaient maintenues chez les mères dont c’était le premier enfant près de deux ans après l’accouchement, à l’exception d’une récupération partielle du volume de la matière grise dans l’hippocampe, région associée avec la mémoire. Les auteurs suggèrent que ces changements peuvent préparer une femme aux exigences sociales d’une maternité imminente.

Ce modèle de modifications structurelles pourrait aussi être utilisé pour prédire la qualité de l’attachement des mères à leurs nourrissons dans la période post-partum.

Source : AFP