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Des chercheurs pensent que nous pourrions atteindre l’étoile Sirius en 69 ans

Sources : NASA, ESA, H. Bond (STScI), and M. Barstow (University of Leicester)

Une équipe d’astrophysiciens suggère qu’il serait possible d’atteindre Sirius (l’étoile la plus brillante du ciel nocturne) en seulement 69 ans, et ce, malgré le fait qu’elle soit deux fois plus éloignée de la Terre que les étoiles les plus proches du système d’Alpha Centauri.

Tandis que certains luttent pour tenter de sauver ce qui reste de notre planète, d’autres en revanche ont des envies d’ailleurs. Le voyage interstellaire ne tient aujourd’hui plus de la science-fiction et les intentions sont bien réelles. Encore faut-il trouver le moyen de se déplacer à des vitesses encore jamais atteintes. Financé par l’entrepreneur russe Yuri Milner et avec la bénédiction de Stephen Hawking, le projet Breakthrough Starshot a notamment pour objectif d’envoyer une sonde en une génération seulement vers le système stellaire le plus proche, Alpha Centauri (à environ 4,9 années-lumière de distance) où l’on vient de découvrir une planète. Le projet est ambitieux, la promesse fantastique et forcément, l’idée en aura inspiré d’autres.

Alpha Centauri est peut-être le système d’étoiles le plus proche, l’astrophysicien René Heller, de l’Institut Max Planck en Allemagne, pense que ce voyage ne serait en revanche pas nécessairement le plus rapide pour le minuscule ambassadeur de l’humanité. En effet, et d’après les calculs, le voyage au cinquième de la vitesse de la lumière en direction d’Alpha Centauri ne prendrait que vingt ans sur le papier, mais dans ces conditions, le nanovaisseau alimenté par des photons ne pourrait ralentir pour se mettre en orbite, passant devant les planètes en seulement quelques secondes avant de continuer sa route. René Heller et le chercheur indépendant Michael Hippke ont alors créé une méthode permettant de réduire la vitesse du nanovaisseau en prenant appui sur la lumière des étoiles. En revanche, si cette méthode était mise en œuvre, Alpha Centauri ne serait atteint que dans 140 ans.

Heller et son équipe suggèrent alors que la visite de Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel nocturne terrestre, serait un voyage beaucoup plus rapide même si celle-ci se situe à environ 8,6 années-lumière de la Terre, soit quasi deux fois la distance qui nous sépare du système Alpha Centauri. Mais alors comment ce voyage pourrait-il être plus rapide si la distance est visiblement deux fois plus longue ? La réponse réside dans la façon dont vous pourriez propulser, puis ralentir ces minuscules (et encore très hypothétiques) vaisseaux spatiaux.

Comme il est dit plus haut, se rendre sur Alpha Centauri à des vitesses allant jusqu’à 20 % de la vitesse de la lumière prendrait environ en vingt ans. Le problème avec cette entreprise étonnante est qu’à de telles vitesses, il serait impossible de ralentir l’embarcation une fois la destination atteinte. En d’autres termes, le voyage serait beaucoup trop long pour des recherches aussi fugaces. Alors, comment faire ? Au lieu d’être propulsé par des lasers, Heller et son équipe suggèrent alors l’installation d’une voile solaire sur le petit engin.

Ce système, tel qu’il est pensé, permettrait de capter les photons du Soleil pour propulser le nanovaisseau vers Alpha Centauri. Une fois « sur place », cette même voile permettrait de ralentir l’embarcation : la voile serait déployée pour capter le rayonnement des étoiles d’Alpha Centauri, en appliquant une force de freinage à la sonde. L’idée paraît bonne, mais compte tenu des vitesses impliquées et du rayonnement de l’étoile, il faudrait alors environ 140 ans à la sonde pour s’installer dans une orbite autour de Proxima Centauri, l’étoile hôte de Proxima b. Et 140 ans, c’est trop long.

Les chercheurs proposent alors un voyage optimisé qui pourrait voir des temps d’accélération et de décélération améliorés. Sirius, par exemple, est seize fois plus brillante que Proxima. Les scientifiques calculent le temps de trajet en prenant la distance divisée par la racine carrée de la valeur de la luminosité. Ainsi, le temps nécessaire pour le voyage vers Sirius serait plus court que vers Alpha Centauri et ne prendrait que 69 ans. Bien sûr, ceci n’est qu’une hypothèse et la technologie de la voile solaire devra être extrêmement affinée :

« Nous avons besoin d’un matériau de voile très léger, solide, résistant à de très hautes températures et très réfléchissant, qui peut s’étendre sur une surface de plusieurs centaines de mètres carrés », explique René Heller à New Scientist. « Si cela fonctionne, l’humanité sera alors prête pour le voyage interstellaire ».

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