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Présentes dans certains cosmétiques, les nanoparticules de dioxyde de titane traversent la barrière du placenta

Crédits : Pikrepo

Une récente étude française explique que les nanoparticules de dioxyde de titane représentent potentiellement un danger pour les nouveaux-nés. Le TiO2, un des composés de l’additif E171, traverserait la barrière placentaire. Interdit dans l’alimentation, l’additif en question reste toutefois présent dans les produits cosmétiques.

Un risque de passage vers le fœtus

Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent à l’additif alimentaire E171. La plus récente étude menée en Australie évoquait de forts risques de déséquilibre de la flore intestinale. Or, ceci pourrait favoriser l’apparition de maladies. Le fait est que l’additif contient des nanoparticules de dioxyde de titane (TiO2). Ce composé a fait l’objet d’une étude publiée dans la revue Particle and Fiber Toxicology le 7 octobre 2020.

À la tête de ces recherches, nous retrouvons Éric Houdeau, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). L’intéressé indique que ces travaux montrent pour la première fois qu’il existe une exposition chez la femme enceinte. L’étude évoque surtout un risque de passage vers le fœtus.

Une interdiction partielle

L’additif E171 contient donc du dioxyde de titane sous forme de nanoparticules, c’est-à-dire d’une taille inférieure à 100 nanomètres. Cette taille faciliterait malheureusement leur pénétration dans l’organisme humain. Depuis le 1er janvier 2020 en France, l’utilisation de l’additif est interdite. Cette mesure restera en vigueur une année seulement en raison du manque de preuves scientifiques. Néanmoins, le gouvernement devra bientôt décider si la mesure fera ou non l’objet d’une prolongation.

L’interdiction porte sur l’usage alimentaire de l’additif, par exemple comme colorant ou agent de brillance. Néanmoins, son utilisation reste autorisée dans le cas des médicaments et des cosmétiques tels que le dentifrice, les poudres et autres crèmes solaires. Évoquons également la présence de E171 dans les peintures industrielles et autres matériaux de construction.

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Crédits : Pixabay / dimitrisvetsikas1969

Des recherches à approfondir

Il faut savoir que les dosages biologiques peuvent mesurer la présence de titane mais pas de TiO2. Les meneurs de l’étude ont donc eu recours à des techniques de microscopie électronique. L’objectif ? Déterminer la nature chimique et la taille des éléments que l’on retrouve dans les produits. Ainsi, les chercheurs ont mis en lumière la présence de TiO2 dans la totalité des 22 placentas faisant partie de l’étude. De plus, l’additif a été retrouvé dans la moitié des 18 échantillons de méconium, à savoir les selles de nouveaux-nés.

Au passage, rappelons que l’alimentation pendant la grossesse n’est peut-être pas la seule source de cette contamination. Il peut en effet s’agit d’une inhalation ou encore d’une pénétration à travers la peau. Une partie des placentas (7) ont fait l’objet d’une perfusion durant une heure avec une suspension de E171. Selon les résultats, les nanoparticules traversent la barrière placentaire et se retrouvent dans le liquide dans lequel baigne le fœtus.

Pour Eric Houdeau, il est vraisemblable que l’additif alimentaire participe à la contamination. En revanche, de prochaines études expérimentales chez l’animal devront permettre de découvrir si cette contamination s’accompagne ou non d’un effet toxique sur le développement du fœtus.