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Près de la moitié des décès par cancer sont évitables

Crédits : Kruscha/Pixabay

En utilisant des estimations des décès par cancer dans plus de deux cents pays, une équipe de chercheurs a découvert que des facteurs de risque évitables étaient responsables de près de 4,5 millions de décès par cancer en 2019, soit environ 44 % des décès pour cette année-là. Le tabagisme, la consommation d’alcool et un indice de masse corporelle (IMC) trop élevé étaient en effet les principaux contributeurs. Les détails de l’étude sont publiés dans The Lancet.

L’exposition à des facteurs de risque joue un rôle important dans la biologie et le fardeau de nombreux types de cancer à travers le monde. Bien que certains cas de cancer ne soient pas évitables, comprendre la contribution relative de ces facteurs et leurs tendances au fil du temps est crucial pour éclairer les efforts de lutte contre cette maladie.

Des études antérieures ont déjà quantifié le fardeau du cancer attribuable à certains facteurs de risque individuels. Cependant, des estimations complètes n’existent pas pour de nombreux pays qui ne collectent pas ce type de données. Pour surmonter ce vide, des chercheurs du Centre allemand de recherche sur le cancer (Heidelberg) ont récemment utilisé les données d’une étude portant sur les décès et l’invalidité de plus de 350 maladies et blessures dans 204 pays.

À partir de ces données, les chercheurs ont été en mesure d’estimer l’impact de trente-quatre facteurs de risque sur les décès dus à vingt-trois types de cancer.

Trois facteurs principaux

D’après ces résultats, la moitié de tous les décès d’hommes par cancer et plus d’un tiers chez les femmes étaient dus à des facteurs de risque évitables en 2019. Au total, cela représente environ 44% de tous les décès par cancer. Ces facteurs incluent la consommation de tabac et d’alcool, une alimentation malsaine ou encore l’exposition sur le lieu de travail à des produits nocifs comme l’amiante.

Entre 2010 et 2019, les décès par cancer dans le monde causés par ces facteurs de risque évitables auraient également augmenté d’environ 20 %. Durant cette période, l’excès de poids représentait le plus grand pourcentage d’augmentation, notamment dans les pays à faible revenu.

« Ces résultats, combinés aux connaissances locales, peuvent être utiles aux décideurs pour déterminer les facteurs de risque modifiables à cibler dans les efforts de planification de la lutte contre le cancer« , souligne Kelly Compton, coauteure de l’étude.

alcool cancer
Crédits : GeorgeRudy / iStock

De futurs travaux pourraient par ailleurs aider à évaluer les effets de la pandémie de Covid-19 sur les décès liés au cancer. Il y a deux ans, une étude avait en effet estimé que l’Angleterre enregistrerait plus de 3 000 décès évitables par cancer à cause des retards de diagnostic dus à la Covid. Dans certaines régions, la pandémie pourrait également avoir modifié l’exposition des personnes à certains facteurs de risque. Les différents confinements pourraient en effet avoir limité l’exposition sur le lieu de travail à des produits nocifs, tandis que la consommation de tabac et d’alcool pourrait avoir augmenté.