in ,

Près de 3 millions de baleines tuées par l’homme en un siècle, un chiffre qui fait froid dans le dos

Crédits : skeeze / Pixabay

Une nouvelle étude américaine met en lumière l’une des pratiques les plus atroces que l’être humain ait pu orchestrer dans son Histoire : la chasse à la baleine. Les chercheurs ont réussi à collecter les informations de 1900 à 1999 pour compter le nombre de baleines tuées au cours du XXe siècle. Un chiffre qui fait froid dans le dos.

2,8 millions de baleines tuées dans le monde entier durant tout le XXe siècle, c’est le chiffre effarant que révèle une étude américaine. Une estimation revue à la hausse par rapport aux anciens chiffres communiqués puisqu’elle prend aujourd’hui en compte les pratiques de l’Ex-Union Soviétique. L’activité humaine a pratiquement fait disparaître des océans ces majestueux cétacés, les seigneurs de la mer, comme on les surnomme justement. Elles sont au bord de l’extinction. Seul point positif, certaines espèces, comme les baleines de Minke, tendent à inverser la tendance.

« Même si les populations de baleines ont chuté, les baleiniers ont continué à tuer en toute impunité sans se rendre compte des conséquences économiques de leur chasse excessive », déplore Robert C. Rocha, l’un des co-auteurs de l’étude.

Mais alors pourquoi tue-t-on les baleines?

Tradition ancestrale, exploitation de matières premières, recherches scientifiques, des pays comme le Japon, la Norvège ou l’Islande qui pratiquent encore la chasse à la baleine avancent plusieurs arguments pour justifier cette pratique, pourtant dénoncée par une grande partie de la communauté internationale, ou par les organisations de protection animales. Ces arguments ne collent pas.

Le Japon sous couvert de recherches scientifiques est accusé du massacre de plus de 10 000 cétacés entre 1987 et 2009, pour la « science ». Comment ? En contournant les lois en vigueur afin que les baleines, après avoir été « observées », finissent sur les étals. Les écologistes précisent également que les nouvelles technologies permettent l’étude des cétacés sans pour autant les massacrer. Appareils photo, caméras, satellites, radar, échantillons ADN… bref les outils ne manquent pas.

Le deuxième argument qui revient souvent est l’aspect traditionnel. Autant vous dire que la tradition a bon dos ! Pour certaines cultures, la chasse à la baleine est pratiquée depuis des millénaires, ce que défend par ailleurs le ministre de l’Agriculture et de la Pêche japonaise prétextant une mauvaise compréhension de cette pratique par les pays occidentaux. Pendant ce temps-là, les agences de pêche nippones continuent à faire pression sur le gouvernement pour continuer à bénéficier de subventions. Un rapport publié en 2013 par le Fonds international pour la protection animale (IFAW) intitulé « The Economics of Japanese Whaling » (Économie de la chasse à la baleine japonaise) montre que le gouvernement japonais serait même allé jusqu’à détourner des fonds destinés aux victimes du tsunami au profit de la chasse à la baleine.

Pour finir, les pays pratiquants la chasse mettent en avant l’utilisation de la matière première de la baleine. Outre sa viande, plusieurs parties de son corps, comme son huile ou ses os, sont utilisées comme combustibles pour les lampes à huile ou pour la cosmétique. Concernant l’huile de baleine, très courante à l’époque, elle a peu à peu été remplacée par le pétrole. Et pour ce qui est de la consommation de viande, de récentes recherches ont révélé que 95 % des Japonais n’en auraient jamais mangé. Les stocks de baleines ne trouvent plus preneur et sont amassés dans d’énormes chambres froides pour être revendus au rabais à des écoles ou des hôpitaux.

Alors que faire pour que le massacre cesse?

Plusieurs associations de défense des baleines luttent quotidiennement et sans relâche pour que le massacre cesse. Sea Sheperd ou encore de Greenpeace, par exemple, mènent des actions « coup de poing » pour faire évoluer les consciences et alarmer la communauté internationale sur ce qu’il se passe sous nos yeux. Les chiffres avancés par l’étude américaine devraient permettre, dans un futur proche, de faire avancer les choses.

Nous n’oserions imaginer le sort réservé aux cétacés si des groupes d’activistes n’étaient pas sur le terrain pour empêcher la destruction de ce mammifère millénaire, si beau, élégant et intelligent. Chacun peut agir en soutenant les actions mises en place contre la pêche des baleines.

Voici quelques liens utiles à ce sujet : (lien en français)

— Seasheperd.fr/whales

— Oceans.greenpeace.fr

— Ifaw.org

Source : L’ExpressLe Nouvel OBS