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Premiers tests cliniques de la bactériothérapie fécale sur des enfants

Crédits : FlickR/jepoirrier

Pour la première fois, des essais cliniques sont en cours pour tester les effets de la bactériothérapie fécale sur des enfants, cette thérapie qui consiste à injecter des excréments d’un individu dans un autre, pour soigner les enfants souffrant d’une maladie inflammatoire intestinale chronique.

Les bactéries peuplent notre microbiome et certaines sont particulièrement importantes pour le bon équilibre de l’organisme. Ainsi, des scientifiques effectuent actuellement de premiers tests cliniques chez des enfants de la bactériothérapie fécale, afin de modifier le microbiome du receveur. Ceci est réalisé dans un but thérapeutique, pour les individus atteints par une maladie inflammatoire intestinale chronique, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

Cette bactériothérapie consiste à injecter des excréments chargés en bactéries salvatrices d’un individu dans le tube intestinal d’un autre individu. Si des traitements médicamenteux existent pour traiter ces maladies, les effets ne sont pas durables. Ainsi, on assiste aujourd’hui à des situations dangereuses, dans lesquelles les parents effectuent eux-mêmes ces bactériothérapies sur leurs enfants atteints par ces maladies, et ce sans consulter de professionnel de santé.

« Les parents pensent que tant qu’ils sont eux-mêmes donneurs, tout se passera bien«  explique le Dr. Nikhil Pai de l’Université McMaster, au magazine motherboard. Mais injecter ses propres excréments chez une autre personne peut être dangereux, voire même traumatisant pour l’enfant. « Ici, les matières fécales ont été soigneusement analysées pour prévenir tout risque de contamination, et proviennent de donneurs anonymes. De plus, la procédure est standardisée et a été autorisée par la FDA et l’Agence sanitaire canadienne » ajoute le docteur.

Une thérapie particulière certes, mais qui a déjà fait ses preuves chez les adultes souffrant de maladies inflammatoires intestinales chroniques. « Un patient affecté par la maladie de Crohn ou par une rectocolite hémorragique possède une signature bactérienne très différente de celle d’un sujet sain. La génétique joue certainement un rôle là-dedans, mais elle ne permet pas d’expliquer le tableau clinique de la maladie. Si vous prenez de vrais jumeaux, leur microbiome n’est similaire qu’à 25% seulement » poursuit le docteur.

Pour le bon déroulement de ces essais cliniques, ce sont 50 enfants atteints par ces maladies qui sont recrutés, tous âgés entre 6 et 17 ans. Un groupe se verra administrer un placebo tandis qu’un autre groupe recevra un échantillon de matière fécale, deux fois par semaine, et ce pendant six semaines.

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