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Première mondiale : des chercheurs ont réussi à greffer des neurones

Crédits : geralt / Pixabay

Pour la première fois, une équipe de scientifiques franco-belge vient de réparer le cortex cérébral d’une souris adulte grâce à une greffe de neurones. Une avancée remarquable qui pourrait permettre à long terme de réparer des lésions cérébrales chez l’être humain.

C’est une première mondiale, une équipe de scientifiques dirigée par Afsaneh Gaillard, chercheuse à l’Université de Poitiers (Vienne), vient d’annoncer avoir greffé des neurones directement dans le cerveau d’une souris, neurones élaborés à partir de cellules-souches embryonnaires. « Nous sommes les premiers à montrer que l’on peut réparer du cortex, en l’occurrence du cortex visuel. Pendant longtemps on a cru que le cerveau était un organe figé, qui n’évoluait plus une fois lésé. Depuis dix ans le discours a changé. Avec nos chercheurs, nous travaillons sur les souris depuis trois ans. Nous voulions des modèles animaux qui miment les maladies (lésions traumatiques, Parkinson…) pour voir si nous pouvions les réparer en greffant des neurones dérivés de cellule souche », nous explique Afsaneh Gaillard.

Après avoir endommagé le cortex visuel des souris, les chercheurs ont implanté les cellules souches embryonnaires cultivées in vitro avant de laisser les rongeurs en observation pendant un an. « Le système était en place après un mois et demi et des connexions se sont formées. Nous avons greffé des progéniteurs de neurones visuels, des cellules immatures qui après la greffe se sont encore développées, puis ont établi les bonnes connexions avec les bons neurones. En stimulant l’oeil des souris, nous avons vu s’activer les neurones greffés », explique le professeur Gaillard, interrogée par le Figaro.

Bilan : chez 61 % des souris, les cellules se sont bien développées et de nouvelles connexions neuronales se sont créées, réactivant ainsi peu à peu la zone cérébrale endommagée. Pour les autres, les scientifiques ont pu observer le développement de tumeurs cérébrales dues à la mauvaise différentiation des cellules greffées.

Pour aller plus loin dans ses recherches, le professeur Gaillard prévoit de passer à des expérimentations sur des animaux plus proches de l’Homme, comme les singes. Cette expérience ouvre tout de même des perspectives infinies et pourrait, à l’avenir, réparer les dommages causés par des accidents vasculaires cérébraux, des traumatismes ou même des maladies comme Alzheimer et Parkinson.

Source : L’Express, Le Figaro