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La Chine teste un moteur-fusée réutilisable pour la première fois

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Essai à chaud du moteur YF-100N près de Xi'an, dans le nord de la Chine, le 26 novembre 2022. Crédit : CASC

La Chine vient de tester un nouveau moteur de fusée destiné à soulever la future génération de lanceurs réutilisables du pays. Ce moteur brûlerait un mélange de kérosène et d’oxygène liquides, et serait capable d’ajuster la poussée qu’il produit lors du tir.

À l’instar de la NASA et de ses partenaires, la Chine ambitionne de s’établir durablement sur la Lune, puis sur Mars. À cette fin, dès 2016, les ingénieurs aérospatiaux du pays ont commencé à imaginer une énorme fusée nommée Longue Marche 9. Comme la désormais célèbre SLS de la NASA, ce lanceur devait initialement être entièrement consommable.

Ces dernières années, la Chine a commencé à faire évoluer ses plans sous l’impulsion des progrès de SpaceX dans le domaine de la réutilisation des boosters. Il y a plusieurs semaines, les responsables chinois ont finalement officiellement annoncé leur intention de suivre les pas de Musk. Exit l’étage central entouré de boosters latéraux. Désormais, le pays table sur un unique premier étage réutilisable équipé d’ailettes de grille permettant son retour sur Terre.

Jusqu’à présent, il demeurait cependant un flou concernant la propulsion. La Chine a en effet récemment effectué un essai à chaud d’un énorme moteur-fusée alimenté au kérosène, le YF-130, normalement destiné à soulever la fusée Longue Marche 9. Cependant, ce dernier n’était visiblement pas adapté à la réutilisation.

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Tableau comparatif de neuf lanceurs super lourds classés par hauteur. Crédits : Thorenn/Wikipédia

Un premier moteur pour fusée réutilisable

Plus récemment, l’Académie des technologies de propulsion aérospatiale de Xi’an, une filiale de la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), le principal entrepreneur spatial du pays, a testé un autre moteur : le YF-100N. Il s’agit d’une version plus avancée du moteur YF-100 actuellement utilisé dans les fusées chinoises Longue Marche 5, 6 et 7.

Ce nouveau moteur serait capable de livrer 130 tonnes de poussée et brûle un mélange de kérosène et d’oxygène liquide. Il comprend également des composants fabriqués à l’aide d’impression 3D, d’un soudage automatique et d’un assemblage intelligent. Enfin, il est capable d’ajuster la poussée qu’il produit lors du tir.

Ce premier essai, opéré ce samedi 26 novembre depuis le nord de la Chine, comprenait le l’allumage, l’arrêt et le rallumage du moteur, un processus nécessaire pour contrôler le retour du booster au sol. Visiblement, tout s’est bien déroulé. Naturellement, d’autres tirs seront nécessaires avant de pouvoir tester ce moteur en conditions réelles. Le CASC prévoit d’effectuer un premier essai en vol de sa nouvelle fusée vers 2026. Un premier atterrissage humain sur la Lune pourrait ensuite avoir lieu avant la fin de la décennie.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.