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Pour la première fois, des chercheurs ont créé un trou de ver magnétique

Crédits : JohnsonMartin / Pixabay

Une équipe de scientifiques a réussi à reproduire des trous de ver non pas gravitationnels, mais magnétiques. Une avancée qui pourrait se révéler très utile en médecine diagnostique.

Objets encore hypothétiques, les trous de ver focalisent l’attention de nombreux physiciens de premier plan depuis la fin des années 1980. À la faveur des plis de l’espace-temps, les trous de ver relieraient ainsi entre eux deux points éloignés de l’Univers. Mais si l’on en croit certains scientifiques, ces derniers n’existeraient qu’à l’échelle infiniment petite (10^-43 centimètre), et ne persisteraient pas plus de 10 ^-35 seconde, ce qui, entre nous, pose quelques problèmes pour les futurs voyages dans l’espace.

Autre difficulté, les trous de ver astrophysiques sont des trous gravitationnels. Ils sont donc impossibles à réaliser sur Terre avec la technologie actuelle. Partant du principe, Jordi Prat-Camps et ses collègues de l’université de Barcelone, ont tenté de reproduire des trous de vers non pas gravitationnels, mais magnétiques, qui pourraient permettre la propagation des ondes électromagnétiques entre deux points dans l’espace à travers un tunnel invisible.

Jord Prat-Camps / Universitat Autònoma de Barcelona
Crédits : Jord Prat-Camps / Universitat Autònoma de Barcelona

Pour ce faire, nos scientifiques ont manipulé le champ électromagnétique à l’aide d’une sphère de leur conception, composée de coques concentriques abritant plusieurs couches de métaux et de supraconducteurs, afin de faire disparaître le champ magnétique à l’intérieur de celle-ci. Résultats ? D’un côté de la sphère, un champ magnétique a bien été détecté, s’interrompant et réapparaissant de l’autre côté !

Cette nouvelle trouvaille exclut bien sûr toujours les voyages dans l’espace, mais concrètement, la découverte pourrait se révéler très utile en médecine diagnostique. En effet, ces trous de ver pourraient servir à suspendre le champ magnétique dans certaines parties d’un scanner à IRM (pour le confort du patient) ou bien à réaliser des IRM de plusieurs parties du corps à la fois.

Sources : Scientific Reports, Sciences&Vie