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Premier mandat d’Habeas Corpus émis au nom d’un éléphant

Happy vit au zoo du Bronx depuis 1977. Crédits : Julie Larsen Maher/ Wildlife Conservation Society

Pour la première fois de l’histoire, un juge américain a rendu une ordonnance d’habeas corpus au nom d’un éléphant. Une audience est prévue en décembre pour déterminer si Happy, un éléphant asiatique de 47 ans vivant depuis 12 ans en isolement au zoo du Bronx, doit être libéré.

Une première pour un éléphant

En droit, l’ordonnance d’Habeas corpus énonce une liberté fondamentale : celle de ne pas être emprisonné sans jugement. Dans l’histoire, une telle demande ne fut déposée qu’une seule fois pour des animaux non humains : des chimpanzés. Les ordonnances d’habeas corpus, obtenues par le groupe Nonhuman Rights Project (NhRP), avaient finalement été rejetées devant les tribunaux. Aujourd’hui place aux éléphants. À Happy, plus exactement, une femelle de 47 ans vivant seule depuis une douzaine d’années au zoo du Bronx (New York).

Une histoire compliquée

Happy est une éléphante asiatique capturée dans la nature alors qu’elle n’était qu’un bébé. Elle fut ensuite importée aux États-Unis, transférée en 1977 au Lion Country Safari en Floride, pour finalement se retrouver depuis 12 ans au zoo du Bronx. Elle y vit seule, profitant d’un petit espace durant les beaux jours. Mais elle se retrouve enfermée dans une cage durant les mois d’hiver. Happy n’a pas toujours été seule, mais les déboires se sont succédé.

Elle a en effet grandi quelques années avec Grumpy, qui s’est malheureusement fait attaquer par Patty et Maxine, deux autres éléphants du zoo. Suite à cette attaque, Grumpy est décédé de ses blessures et Happy ne s’est depuis jamais entendu avec Patty et Maxine. Le zoo a ensuite fait venir un autre éléphant – Sammy – pour lui tenir compagnie, mais ce dernier est malheureusement décédé quelques années plus tard d’une maladie du foie, laissant Happy de nouveau seule. Et pour les défenseurs des animaux, la situation devient critique.

Les éléphants sont en effet des êtres doués de sensibilité, dont la santé mentale dépend en grande partie des interactions sociales entretenues avec d’autres éléphants.

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Crédits : pixabay

Habeas corpus

En ce sens, suite à la demande des responsables du groupe Nonhuman Rights Project, la députée Tracey A. Bannister, de la Cour suprême du comté d’Orléans, vient de rendre une ordonnance d’habeas corpus. Son but est de garantir le droit fondamental à la liberté physique de Happy. Une audience devrait normalement se tenir le 14 décembre prochain au tribunal du comté d’Orléans, pour déterminer si Happy doit ou on être libérée pour être transférée dans un sanctuaire pour éléphants.

« Happy est un être autonome qui a évolué pour parcourir au moins 20 km par jour en tant que membre d’un grand groupe social multi-générationnel », explique Steven M. Wise, fondateur et président de l’association, notant au passage que Happy parcourt au zoo 1 % de l’espace qu’elle devrait normalement parcourir en une seule journée dans la nature. « Elle n’appartient pas à un groupe social, ajoute-t-il. Son autonomie est contrariée quotidiennement. Cela doit cesser ».

Rendez-vous le 14 décembre prochain pour le verdict.

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