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Le premier engin spatial qui va explorer une comète sera bien français

Envoyée en mars 2004, la sonde spatiale Rosetta est désormais opérationnelle. Les ingénieurs toulousains du Cnes (Centre national d’études spatiales) l’ont fait sortir de trois ans « d’hibernation » et préparent désormais les plans d’atterrissage qui lui permettront de se poser en novembre prochain sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko. Le robot français Philae pourra alors l’explorer pendant plusieurs mois, dans le but de mieux comprendre l’origine du système solaire ainsi que la formation de ces boules de roche et de glace ..

Pendant 30 mois, la sonde de l’Agence spatiale européenne (ESA) se trouvait dans un état d’hibernation afin de faciliter sa progression vers la comète Churyumov-Gerasimenko. « Seuls quelques composants vitaux, comme le calculateur de bord programmant le réveil ou les réservoirs d’ergols, étaient chauffés. Rosetta est la première sonde moderne à aller aussi loin dans le système solaire sans pile nucléaire » expliquait Vincent Guillaud, directeur de l’ingénierie des satellites scientifiques chez Airbus Defense and Space.

Cette semaine, les ingénieurs du Cnes sont donc parvenus à tester avec succès la sonde et son robot. « On a aussi actionné sur quelques millimètres la foreuse qui creusera dans le sol de la comète, l’appareil qui mesurera le magnétisme, tout est en ordre », s’est réjoui Jean-François Fronton, l’un des ingénieurs de bord chargé des instruments scientifiques.

La sonde se trouve à plus de 600 millions de km du Soleil (4 fois la distance Terre-Soleil), dans une zone où les températures sont proches de -160°c. En juillet prochain, elle se rapprochera tout doucement de la comète. L’équipe du Cnes présélectionnera alors cinq sites d’atterrissage possibles avant d’entamer la descente à l’automne.

« On sait peu de choses sur ces comètes composées à 80 % de glace d’eau, dont la sublimation à proximité du soleil provoque la chevelure, mais on a découvert qu’elles renfermaient du carbone sous forme de macromolécules extrêmement noires datant de la naissance du système solaire. Leur analyse peut permettre de comprendre les processus d’où la vie a pu découler », explique Jean-Pierre Bibring l’un des responsables scientifiques français.

Si tout se passe bien, le robot Philae devrait rester fonctionnel durant 4 mois avant de mourir de chaleur. Ensuite, la comète se rapprochera progressivement du Soleil jusqu’à ce que la vaporisation de la glace forme une immense chevelure de plusieurs millions de kilomètres. La sonde Rosetta sera aux premières loges pour observer ce spectacle et nous envoyer des photos.

Sources : Cnes, ESA (le blog de Rosetta)