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Modifier les préjugés pendant le sommeil, c’est possible

Crédits : claudioscot / Pixabay

Diminuer les préjugés pendant le sommeil, c’est désormais possible. En faisant écouter des sons à des individus pendant qu’ils dormaient, des chercheurs ont constaté une forte réduction de leurs préjugés.

L’étude, publiée dans Science et menée par une équipe de l’université de Northwestern à Chicago, explique qu’il est possible de transformer les stéréotypes sociaux négatifs en stéréotypes positifs, tout cela pendant le sommeil. 40 participants ont été soumis à deux tests pour voir dans un premier temps s’ils avaient des préjugés sur les origines et sur le genre. Les chercheurs leur ont montré plusieurs paires de mots ou d’images, en leur demandant de réagir quand elles étaient contraires aux stéréotypes.

En les invitant à refaire les premiers tests, les scientifiques ont constaté que les préjugés étaient moins importants. Les participants ont fait une sieste pendant une heure et 30 minutes, tandis que les chercheurs émettaient deux sons, liés aux stéréotypes de genre et de l’origine.

Lorsqu’ils se sont réveillés, les tests ont été de nouveau effectués : « le type de stéréotype implicite lié au son qu’ils avaient entendu pendant le sommeil avait réduit de façon significative, entre avant et après la sieste. À l’inverse, les niveaux des autres stéréotypes étaient restés les mêmes », selon les chercheurs. Pour ceux qui ont perçu les sons pendant leur sommeil, les préjugés ont diminué de minimum 56%. De nouveaux tests réalisés une semaine après ont confirmé une diminution des stéréotypes.

Cette étude prouve que le sommeil permet d’accéder et de modifier des croyances, même inconscientes. Cette « maîtrise » des préjugés pourrait mettre fin aux comportements discriminatoires : « nous supposons que la modification des préjugés sociaux inconscients pourrait modifier le fait que les décisions sont influencées par des attitudes racistes ou sexistes », explique le professeur Ken Paller.

Mais le site Quartz révèle quelques failles dans l’expérience : « Par ailleurs, ils (…) venaient d’un environnement universitaire. Des sujets d’un autre milieu pourraient ne pas répondre de la même façon. Et enfin, Paller [l’un des chercheurs responsables de cette étude] n’a suivi les patients que sur une semaine. La longévité de l’effet n’est donc pas très claire. »

Sources : Slate, Huffington Post.

– Crédits photo : Rachel CALAMUSA