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Cette étude établit un lien entre la pratique des jeux vidéo et le TDAH

Crédits : max-kegfire / iStock

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental très préoccupant. Or, une étude récente indique que plus un adolescent pratique les jeux vidéo, plus le risque de développer un TDAH est important.

Un facteur de risque de développement du TDAH

Des difficultés d’attention et de concentration, des symptômes d’hyperactivité et d’hyperkinésie ou encore des problèmes de gestion de l’impulsivité, voici ce qui caractérise le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ces trois types de symptômes peuvent apparaître ensemble ou séparément. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), entre 3,5 et 5,6 % des enfants scolarisés souffriraient de TDAH en France.

Au Québec, plusieurs chercheurs de différentes universités ont ensemble publié une étude dans le Journal of Attention Disorders le 25 janvier 2022. Pas moins de 1 467 adolescents québécois de 12 à 13 ans ont participé à ces travaux. Chaque semaine, ces jeunes devaient noter le temps passé sur les jeux vidéo et renseigner la présence de symptômes de type impulsivité, distraction, difficultés à se concentrer et hyperactivité. Selon les résultats, plus un adolescent joue aux jeux vidéo, plus celui-ci est susceptible de développer un TDAH.

Les scientifiques expliquent notamment que jouer à des jeux vidéo au début de l’adolescence peut représenter un facteur de risque de développement de symptômes du TDAH. Il faut également souligner le fait qu’un adolescent peut présenter de tels symptômes sans avoir reçu un diagnostic formel. Or, cela est préoccupant dans la mesure où l’adolescent en question peut avoir davantage de difficultés au quotidien, notamment à l’école.

déficit attention TDAH
Crédits : KatarzynaBialasiewicz / iStock

Pas plus de deux heures par jour

Les scientifiques pensent également que tous les jeux vidéo ne sont pas sur le même pied d’égalité. Par exemple, les jeux de tir à la première personne de type Call of Duty sont plus problématiques. Ces derniers stimulent énormément le système de récompense, en comparaison à des jeux se basant davantage sur la résolution de problèmes. Toutefois, tous les jeux vidéo, même les jeux éducatifs, peuvent avoir un impact.

Ainsi, les chercheurs préconisent la modération, autrement dit un encadrement par les parents du temps passé devant les écrans. Rappelons que le début de l’adolescence est une période durant laquelle le cerveau se modèle constamment, au fur et à mesure des expériences du quotidien. Ainsi, les scientifiques pensent que ces jeunes ne devraient pas passer plus de deux heures par jour devant un écran.

Paradoxalement, l’agence américaine du médicament (FDA) aux États-Unis a approuvé en 2020 la prescription d’un jeu vidéo sur ordonnance. Or, ce dernier se destine justement à des enfants souffrant de trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Baptisé EndeavorRX, ce jeu a été conçu pour stimuler directement certaines parties du cerveau grâce à des stimuli sensoriels et des exercices qui améliorent les fonctions cognitives.