Pourquoi la mer Caspienne est-elle en déclin ?

mer Caspienne
Crédits : JSC Gateway to Astronaut Photography of Earth / Wikimedia Commons

Située en Asie centrale, la mer Caspienne voit son niveau baisser dangereusement depuis deux décennies environ. Désormais, on observe même une baisse de 23 centimètres par an. Quelles sont les causes de ce déclin catastrophique ?

Un destin similaire à celui de la mer d’Aral ?

Et si la mer Caspienne pouvait connaitre le même sort que la mer d’Aral ? Malheureusement, la question se pose très sérieusement. En effet, la mer Caspienne recule fortement, comme l’explique le média VOA News dans un article du 15 mai 2024. L’institut d’hydrobiologie et d’écologie du Kazakhstan a déclaré que le niveau de la mer se situait aujourd’hui à 29 mètres sous le niveau des océans. Alors que les premiers signes de recul datent du milieu des années 2000, la baisse du niveau de la mer Caspienne serait aujourd’hui de 23 centimètres par an.

Le chemin pris par la mer Caspienne n’est donc pas sans rappeler celui pris par la mer d’Aral, aujourd’hui quasiment asséchée après un déclin de plus d’un demi-siècle. À l’époque, l’Union soviétique avait en effet détourné les fleuves Syr-Daria et Amou-Daria afin d’irriguer ses champs de blé et de coton, faisant ainsi basculer le destin de ce lac salé d’Asie Centrale. Mais quelles sont ici les causes du déclin de la mer Caspienne ?

carte mer Caspienne
Crédits : PeterHermesFurian / iStock

Une quarantaine de barrages sur la Volga

Couvrant une superficie de 371 000 km², la mer Caspienne est la plus grande mer intérieure du monde. Par ailleurs, ses 6 819 km de côte se partagent entre le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, l’Iran et la Russie. Citons également le Turkménistan, dont l’économie se base en grande partie sur les activités de pêche, l’agriculture et le tourisme. En revanche, le recul est plus perceptible du côté du Kazakhstan où le segment de la mer est le moins profond. En milieu d’année 2023, la ville d’Aqtau avait d’ailleurs déclaré l’état d’urgence en raison de la baisse du niveau de la mer, mettant notamment en péril l’approvisionnement en eau potable de 250 000 habitants. Citons également l’état de la faune, dont le nombre d’individus est passé d’un million au début du XXe siècle à seulement 110 000 en 2024.

Parmi les raisons expliquant le phénomène, nous retrouvons l’inévitable changement climatique, synonyme de journées plus chaudes et d’une diminution des précipitations. Aujourd’hui, le niveau des précipitations ne compense ainsi pas celui de l’évaporation de l’eau de la mer Caspienne.

Surtout, il faut savoir que plus de 140 fleuves et affluents se jettent dans la mer Caspienne. En revanche, les principales rivières que sont l’Oural et la Volga voient leur situation se dégrader fortement. L’Oural est en effet déjà presque asséché et la Volga voit son niveau baisser. Il faut dire que ces dernières années, la Russie a construit plus d’une quarantaine de barrages sur la Volga, réduisant ainsi le flux qui alimente la mer Caspienne. Selon les estimations, son niveau pourrait baisser de dix-huit mètres d’ici à 2100. Il perdrait alors un quart de sa surface actuelle.