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Pourquoi l’Homme moderne a des os plus fragiles que ses ancêtres

Crédits : Taokinesis / Pixabay

Les humains auraient perdu 20 % de densité osseuse dans leurs membres inférieurs depuis l’avènement de l’agriculture il y a 12.000 années. Les scientifiques expliquent ce phénomène par une plus grande sédentarité liée à ce mode de subsistance.

Pour cette étude, les auteurs américains ont mesuré la densité osseuse de la partie spongieuse des os chez 59 Homo sapiens, 229 primates comme des chimpanzés ainsi que sur des ossements fossilisés d’hominidés dont l’Australopithécus africanus (-3,3 à -2,1 millions d’années), le Paranthropus robustus (-1,2 million d’années) et des Néandertaliens (-250.000 à -28.000 ans).

En comparaison, les « agriculteurs » qui vivaient dans les mêmes régions depuis 6.000 ans ont des os nettement moins denses et plus fragiles. « Il s’agit de la première étude sur le squelette humain à révéler une importante diminution de densité osseuse chez les hommes modernes », souligne Brian Richmond, conservateur de la division d’anthropologie du Musée national d’Histoire naturelle à Washington et professeur à l’Université George Washington, un des co-auteurs de ces travaux.

« Au cours de la vaste partie de la préhistoire humaine, nos ancêtres étaient nettement plus actifs physiquement qu’aujourd’hui », souligne Brian Richmond. Pour Colin Shaw, professeur à l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) et également co-auteur de l’étude, « les humains contemporains vivent dans un environnement culturel et technologique incompatible avec leur adaptation résultant de l’évolution ».

Les résultats montrent que seuls les humains modernes ont une faible densité des os spongieux qui est particulièrement prononcée dans les articulations des membres inférieurs (hanches, genoux et chevilles)

« La quantité de céréales cultivées dans le régime alimentaire des agriculteurs ainsi que les possibles carences de calcium pourraient avoir contribué à réduire la masse osseuse, mais il apparaît que l’aspect biomécanique et l’abandon des activités de chasse et de cueillette a joué un plus grand rôle », précise le professeur Timothy Ryan, co-auteur de l’étude.

Le changement de mode de vie des hommes a une influence directe sur l’évolution des os et notamment au niveau des membres inférieurs. Si l’homme pratiquait auparavant la chasse et la cueillette pour se nourrir, il peut désormais subvenir à ses besoins sans le moindre effort.

Si on pratique une activité régulière à partir d’un très jeune âge, on parvient à garder une résistance osseuse maximale vers trente ans, précisent-ils. Ceci permet, selon eux, de maintenir une plus grande densité des os malgré l’affaiblissement inévitable qui se produit avec l’âge.

Source : AFP, PNAS