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Pourquoi les internautes partagent-ils autant les fake news ?

Alors que le partage de fake news est devenu monnaie courante sur les réseaux sociaux, une étude s’est intéressée à ce phénomène. Ces recherches, menées aux États-Unis, ont tenté de comprendre pourquoi les gens partagent ce genre de publications.

La viralité du Net mis en cause

Les fake news sont des informations mensongères publiées afin de manipuler ou tromper l’opinion. Celles-ci peuvent provenir de blogs, de médias, de gouvernements et autres hommes politiques et sont parfois abondamment relayées sur les réseaux sociaux. En 2018, la DARPA a mis au point un outil destiné à détecter les vidéos accompagnant parfois ces nouvelles, preuve que le phénomène peut aller loin.

Parmi les internautes partageant les fake news, on trouve généralement deux catégories. Citons les trolls, ces personnes cherchant à créer volontairement une polémique, et les autres, plutôt de bonne foi. Selon une étude parue dans la revue Psychological Science le 21 novembre 2019, le problème reposerait en grande partie sur le côté viral du Net.

Pour Daniel A. Effron (London Business School) et Medha Raj (Université de Californie du Sud), l’effet entraînant des réseaux sociaux rend plus facile le partage des fake news. L’étude a donc eu pour objectif de vérifier l’hypothèse suivante : être exposé à ces fausses nouvelles permet de s’y habituer et donc de les partager plus aisément.

fake news
Crédits : pixel2013 / Pixabay

Comment s’est déroulée l’étude ?

Pas moins de 150 étasuniens ont participé à l’étude, durant laquelle il leur a été demandé de lire plusieurs faux articles de presse. À savoir que l’un des articles expliquait que Hillary Clinton était en état d’ébriété lors de la soirée électorale précédent l’élection de Donald Trump. Par ailleurs, il avait été précisé aux volontaires que les articles n’étaient pas de vraies informations.

Ensuite, les participants ont eu une activité n’ayant aucun rapport avec les articles, ni même l’étude. Cinq minutes plus tard, les chercheurs leur ont soumis à nouveau des articles de presse, dont certains avaient un titre similaire à ceux montrés la première fois. Les volontaires ont par la suite indiqué les titres qui ne leur inspiraient pas confiance et ceux qu’ils seraient enclins à partager sur les réseaux sociaux.

Selon les résultats, les fake news montrées une seconde fois aux volontaires ont souvent été jugées dignes d’être partagées sur les réseaux. Autrement dit, il y a clairement un lien entre l’exposition aux fausses nouvelles sur la longue durée et leur légitimation ! Le fait est que certains internautes n’auraient aucun scrupule à partager une fake news qu’ils auraient déjà vu plusieurs fois, même s’ils savent que l’information est fausse.

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