Selon une enquête de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’expansion du mode de vie à l’occidentale n’épargne aucune région du globe. En revanche, les lieux les plus touchés sont sans contexte les îles du Pacifique !

Une enquête alarmante

Publiée en octobre 2017, une enquête menée par l’Imperial College London (Royaume-Uni) et pilotée par l’OMS a dressé le constat suivant : en 40 ans, les cas d’obésité chez l’enfant et l’adolescent ont été multipliés par dix. Pire encore, d’ici à 2022, le nombre d’enfants et d’adolescents obèses dans le monde sera supérieur à celui des enfants dont le poids est insuffisant.

L’étude a concerné 130 millions de personnes âgées de plus de 5 ans, dont les mesures du poids et de la taille ont été analysées. Plus précisément, ces recherches ont se sont intéressées à l’indice de masse corporelle (IMC) et à la manière dont l’obésité a évolué dans le monde entre 1975 et 2016. Le nombre de ces enfants et adolescents est passé de 11 millions en 1975 à 124 millions en 2016. Pas moins de 213 millions étaient considérés en surpoids en 2016, mais ils restaient en dessous du seuil de l’obésité (IMC 30).

Dans les îles, l’obésité est la plus présente

L’étude donne en exemple la République de Nauru, pays le plus en surpoids au monde avec un IMC de 35,03 chez les femmes et 33,85 chez les hommes. Or, de nombreuses autres îles aux quatre coins du globe connaissent une situation similaire. Citons Saint Kitts et Nevis, Puerto Rico et les Bermudes (Caraïbes) ou encore Samoa, Tonga, Palau, les îles Cook ou encore la Polynésie française (Pacifique).

Les causes de l’impact de l’obésité – particulièrement au niveau des pays insulaires – seraient le résultat d’une combinaison de plusieurs facteurs (le régime alimentaire et la génétique) avec en tête, la mondialisation. Le déclin a démarré avec l’arrivée de militaires dans ces pays – Britanniques, Américains ou Français – durant la Seconde Guerre mondiale, bouleversant un mode de vie basé sur l’agriculture et la pêche de subsistance. Le fait est que les peuples insulaires n’ont eu d’autre choix que de s’adapter au mode de vie occidental en quelques décennies seulement, alors que d’autres peuples y sont habitués depuis des siècles.

Dans le cas de la République de Nauru, la conversion des terres agricoles pour d’autres activités (comme l’extraction minière) a contraint la population à vivre plus regroupée sur une bande de territoire assez étroite. À cela, nous ajoutons la disponibilité instantanée de nourriture souvent importée, et nous avons le résultat actuel en termes d’épidémie d’obésité. Il faut savoir que le mode d’alimentation basé sur les fruits et légumes et le poisson a progressivement été remplacé par le sucre, la farine, le riz importé ainsi que les bières et autres sodas. L’apparition des chaînes de fast-food a également joué un rôle déterminant dans ce processus.

Crédits : Max Pixel

L’étude souligne également que les corps des insulaires du Pacifique sont génétiquement davantage programmés pour stocker le gras de manière plus efficace – comme c’est le cas des populations d’origine africaine. Ceci est un héritage du passé, durant lequel de longues périodes de famine et de reconstruction succédaient à des épisodes catastrophiques liés à la météo. Par ailleurs, les changements d’habitudes alimentaires et la mondialisation impactent logiquement beaucoup plus les îles que d’autres pays bien plus grands en superficie.

Sources : Le Temps – Slate

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