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Pourquoi le squelette du « géant irlandais » ne sera plus exposé

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Crédit : David Gee

Charles Byrne, surnommé le « Géant irlandais », souhaitait que son corps finisse en mer pour empêcher les anatomistes d’étudier son corps ou éviter que celui-ci ne soit exposé dans un musée. Une partie de son vœu sera bientôt exaucé plus de deux siècles plus tard. À sa prochaine réouverture, le Hunterian Museum de Londres n’exposera en effet plus son squelette.

La taille précise de Charles Byrne n’est pas connue. Certains récits le désignent comme mesurant de 2,49 mètres à 2,54 mètres, tandis que l’analyse de son squelette situe plutôt sa taille autour des 2,31 mètres. Toujours est-il que l’homme était une vraie « bête de foire », attirant tour à tour la curiosité des habitants de Londonderry (Irlande du Nord), dont il était originaire, puis d’Edimbourg et de Londres.

Celui que l’on surnommait le « Géant irlandais » souffrait d’acromégalie, un trouble entraînant une croissance excessive de certaines parties du corps humain.

Après avoir vu sa santé fortement décliner après la vingtaine, Charles Byrne mourut finalement le 1er juin 1783 à l’âge de 22 ans. Peu de temps avant de mourir, il aurait alors demandé à ses amis de noyer son corps en mer pour empêcher les médecins de l’étudier. Finalement, John Hunter, un chirurgien et anatomiste britannique du XVIIIe siècle, paya 500 livres aux amis de Byrne pour obtenir son squelette. Il exposa ce dernier dans sa maison de Leicester Square, à Londres, aux côtés de centaines de spécimens de plantes et d’animaux empaillés. Le corps du Géant irlandais devint alors la pièce maîtresse d’une collection qui, finalement, formera le Hunterian Museum.

Le squelette retiré, mais conservé au nom de la science

Maintenant, plus de deux siècles plus tard, le conseil d’administration de l’établissement a annoncé qu’il exaucerait au moins une partie du souhait de Byrne : lorsque le musée rouvrira en mars après cinq ans de travaux, son squelette ne sera plus exposé.

« Ce qui s’est passé historiquement et ce que Hunter a fait était mal« , a déclaré Dawn Kemp, directrice du Royal College of Surgeons of England, dont le Hunterian Museum fait maintenant partie. « Comment réparez-vous certains de ces torts historiques ? La première étape consiste à retirer le squelette de Byrne de l’exposition« .

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La reine Elizabeth II devant le squelette de Charles Byrne, dit le « Géant irlandais », au Hunterian Museum de Londres en 1962. Crédits : Images PA

La question est : que faire maintenant de son corps ? Beaucoup ont demandé le rapatriement de son squelette en Irlande du nord, mais certains chercheurs ne sont pas d’accord en raison de la constante évolution des connaissances médicales. À cette fin, le musée a déclaré qu’il garderait la dépouille dans son « arrière-boutique » et qu’il serait disponible pour des « recherches de bonne foi ».

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Une estampe du 18ème siècle du « Géant irlandais ». Crédits : NYT

Le squelette du Géant irlandais a déjà servi la science par le passé. En 1909, un chirurgien américain étudiant ses restes avait notamment découvert qu’il avait une tumeur au cerveau.

Environ un siècle plus tard, une analyse ADN de ses dents a également permis de mettre en lumière une mutation génétique rare inconnue jusqu’en 2006. Depuis, les chercheurs sont en mesure d’identifier les personnes présentant la même mutation génétique et d’aider à prévenir la maladie chez elles grâce à des dépistages préventifs, en particulier chez les enfants qui ne présentent pas encore de symptômes.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.