Pourquoi le liquide vaisselle pourrait bientôt disparaître des rayons de la moitié des supermarchés (et ce n’est pas plus mal)

Dans les cuisines françaises, le liquide vaisselle trône fièrement à côté de l’éponge — arbitre silencieux des batailles post-repas, des verres de Noël jusqu’aux cocottes familiales. Mais, à l’orée de 2026, un vent de changement s’engouffre dans les rayons des grandes surfaces : plusieurs enseignes majeures songeraient à retirer purement et simplement ce classique. Une petite révolution discrète qui inquiète autant qu’elle intrigue. Faut-il s’inquiéter de voir disparaître ce fidèle allié de la propreté ? Ou y lire plutôt le signal d’une nouvelle intelligence collective ? Plongée dans une transformation qui en dit long sur nos gestes quotidiens.

Un produit star sur la sellette : le liquide vaisselle menacé d’évaporation

Depuis des décennies, difficile d’imaginer une cuisine hexagonale sans son iconique flacon de liquide vaisselle : souple, coloré, savamment parfumé au « citron » ou à la « menthe fraîche ». Si chaque foyer français en achète en moyenne près de 7 litres par an, ce produit du quotidien semble aujourd’hui perdre de son éclat. Ce qui était perçu comme une potion magique anti-gras commence à attiser la méfiance.

En 2025, quelques groupes de distribution — notamment dans le Grand Ouest et le bassin parisien — ont lancé ce qui ressemble à une expérimentation : proposer des rayons entièrement dépourvus de liquide vaisselle industriel. Désir de s’aligner sur les attentes d’un consommateur devenu méfiant ? Volonté de répondre à la montée en flèche des alternatives naturelles ? Le signal est clair : le mouvement prend de l’ampleur et n’épargne pas la grande distribution.

Derrière la mousse : ce que cache vraiment votre liquide vaisselle

Derrière la mousse généreuse et le parfum alléchant, le liquide vaisselle classique renferme un secret bien gardé : la star de la formule, ce sont les tensioactifs. Ces molécules chimiques permettent de dissoudre graisses et résidus tenaces, promettant des assiettes éclatantes. Mais à quel prix ?

Dans la plupart des grandes marques, ces ingrédients sont issus de la pétrochimie. Ils se glissent partout : sur la vaisselle, dans les canalisations, puis dans les rivières. On leur reproche aujourd’hui d’être à la fois polluants persistants et agressifs pour la peau. Plus insidieux encore : malgré les images de bien-être vantées à la télévision, certains tensioactifs s’accumulent dans l’environnement, impactant la qualité de l’eau et la biodiversité aquatique. Ajoutez à cela quelques conservateurs et parfums de synthèse pas toujours recommandés pour la santé : le cocktail mousseux devient moins séduisant…

Les alternatives naturelles : la riposte s’organise

Face à ces constats, une nouvelle vague déferle dans les foyers : celle du fait maison et des produits naturels. La tendance n’a rien de marginal : 30 % des ménages affirment avoir testé une alternative au liquide vaisselle traditionnel au cours des 12 derniers mois. À l’approche de la St-Sylvestre, beaucoup cherchent à simplifier et rendre plus écologique le nettoyage après les agapes familiales de décembre.

Et si la solution se nichait dans les placards depuis le début ? Le savon de Marseille, le bicarbonate de soude ou même la cendre sont revenus en grâce, portés par des tutoriels et un bouche-à-oreille enthousiaste. Économiques, doux pour les mains, et surtout biodégradables, ces ingrédients sont plébiscités pour leur efficacité. Partout en France, les startups rivalisent d’inventivité. Poudres concentrées, pastilles à dissoudre, recharges vendues en vrac : chacun y va de sa recette. L’industrie du « clean » repense ses codes, et les supermarchés en prennent bonne note.

Les supermarchés à l’heure des choix responsables

Impossible d’ignorer la montée en puissance du consommateur engagé : en cette fin d’année, entre le traditionnel foie gras et la recherche du cadeau « éthique », les Français veulent consommer autrement. Les enquêtes menées en 2025 placent la réduction de l’empreinte écologique dans le top 3 des motivations à changer de produits ménagers. Le succès du vrac, des formats rechargeables ou des solutions solides se confirme de manière éclatante.

Les grandes enseignes l’ont bien compris. Pour séduire un public en quête de moins de plastique, moins de chimie et moins d’eau gaspillée, elles revoient leur offre. Dans certains magasins pilotes, la disparition du liquide vaisselle classique suscite la curiosité — mais aussi l’adhésion. L’enjeu est double : gagner la confiance des clients tout en verdissant leur image de marque. Une stratégie gagnante, à en juger par une fidélité accrue côté clients sensibles à ces enjeux.

Quelles solutions pour une vaisselle impeccable sans polluer ?

Pas question pour autant de renoncer aux assiettes étincelantes en cette période de fêtes ! Pour celles et ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure écolo, voici de quoi composer un liquide vaisselle maison efficace :

  • 30 g de savon de Marseille râpé
  • 15 g de bicarbonate de soude
  • 500 ml d’eau très chaude
  • 10 g de cristaux de soude (en option)
  • Quelques gouttes d’huile essentielle de citron (facultatif)

Mélanger le savon de Marseille râpé à l’eau chaude pour bien le dissoudre, puis ajouter le bicarbonate et (éventuellement) les cristaux de soude. Pour une petite touche fraîcheur, trois à cinq gouttes d’huile essentielle suffisent. Le résultat ? Un produit ultra simple, aussi performant que certains industriels… mais bien plus doux pour les mains et la planète.

Attention toutefois : un excès de cristaux de soude peut irriter la peau, et l’huile essentielle doit rester un plaisir ponctuel. L’erreur la plus courante ? Penser qu’il faut une montagne de mousse pour que ça lave ! Or, l’absence de nuages moussants n’enlève rien au pouvoir nettoyant du produit : il ne faut pas se fier aux apparences. Enfin, ne jamais oublier le rinçage : un geste aussi crucial que le choix du produit utilisé.

Le liquide vaisselle, symbole d’une nouvelle ère de consommation

Assistons-nous à une simple lubie ou à un vrai tournant ? Décembre 2025 marque un basculement : de plus en plus d’enseignes s’alignent sur l’exigence de transparence et d’écologie. Derrière la suppression du liquide vaisselle industriel dans certains rayons, c’est toute une manière de consommer qui est repensée : moins de déchets, moins de produits transformés, et une volonté de maîtriser ce qui entre chez soi.

Changer sa définition du « propre » ne se fait pas en un clin d’œil. La transition demande un brin de curiosité, un zeste de patience et, parfois, une pincée de nostalgie. Mais pour beaucoup, ce « retour aux sources » a des allures d’avenir. Peut-être qu’à terme, chaque vaisselle sera aussi l’occasion de prendre soin du monde qui l’entoure — et si c’était, au fond, la recette du véritable changement ?

À l’approche des fêtes d’hiver et alors que nos cuisines s’animent plus que jamais, il semble qu’un petit geste (comme réinventer son liquide vaisselle) puisse faire toute la différence. D’ici quelques mois, la fameuse bouteille de liquide vaisselle disparaîtra peut-être — mais pas la propreté, ni l’envie de mieux faire.

Tristan

Rédigé par Tristan