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Pourquoi la mousson nord-américaine est un cas unique au monde

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Des chercheurs se sont récemment intéressés aux mécanismes physiques responsables de la mousson nord-américaine. Les résultats de leurs travaux ont montré que, contrairement à ce qui était considéré jusqu’à présent, celle-ci est animée par un processus bien différent des autres moussons du globe. L’étude a été publiée dans la revue scientifique Nature ce 24 novembre.

La mousson est un système de vents tropical caractérisé par une alternance entre un régime humide en saison estivale et un régime sec en saison hivernale. Par abus de langage, on désigne souvent par mousson uniquement la phase humide marquée par des pluies diluviennes. Ces flux d’air alternés résultent des écarts de pression induits par le chauffage différentiel entre le continent et l’océan. Aussi, le phénomène est parfois comparé à une brise de très grande échelle.

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La plus emblématique des moussons est probablement celle d’Asie du Sud. Plus d’un milliard de personnes dépendent actuellement des précipitations apportées par ces vents de sud-ouest chauds et humides. Cependant, les moussons africaines, australiennes ou nord-américaines jouent également un rôle-clé dans la distribution de l’eau et la régulation des climats du monde. Or, des chercheurs ont récemment découvert que le mécanisme de formation de cette dernière était très différent de celui des autres moussons et que son statut devait par conséquent être révisé.

Mousson nord-américaine : une origine mécanique et non thermique

En effet, les pluies orageuses qui touchent l’ouest du Mexique et le sud-ouest des États-Unis en saison chaude n’émanent pas du contraste de température entre l’océan et le continent comme c’est normalement le cas pour les moussons. L’analyse d’un ensemble de simulations numériques à haute résolution montre qu’elle résulte en fait de l’interaction entre les vents des latitudes tempérées et les reliefs montagneux de la région. Aussi, en forçant l’air humide et instable à s’élever, ces derniers créent un pic de pluie estival au sud-ouest de l’Amérique du Nord.

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Pourcentage des précipitations annuelles apportées par la mousson nord-américaine. Crédits : NOAA.

« Les résultats de notre étude révèlent que la mousson nord-américaine n’a pas pour origine l’oscillation saisonnière de la zone de convergence intertropicale sur les masses continentales, comme une mousson typique », résume Salvatore Pascale, coauteur du papier. « En effet, son origine constitue un cas unique, car elle est fortement influencée par l’orographie mexicaine qui joue un rôle clé dans la génération d’une onde stationnaire et dans la déviation du courant-jet vers la côte ouest mexicaine ».

En somme, la mousson nord-américaine n’est pas une mousson au sens usuel du terme puisqu’elle possède avant tout une origine mécanique et non thermique comme on pouvait le considérer jusqu’à présent. « Ce nouvel aperçu de la mousson nord-américaine est pertinent pour comprendre comment le changement climatique peut l’affecter et comment la hausse des températures peut modifier l’étendue de ces phénomènes météorologiques », ajoute Salvatore Pascale.