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Pourquoi la Covid-19 pourrait à terme devenir un simple rhume

Crédits : Istock

Récemment, des chercheurs ont élaboré un scénario probable en ce qui concerne l’évolution de la Covid-19. Selon eux, notre système immunitaire devrait s’adapter et provoquer des formes de moins en moins graves à force de réinfections et de vaccinations. Or, ceci rappelle une maladie bénigne également induite par d’autres coronavirus : le rhume.

Atteindre une immunité de groupe

En novembre 2020, Catherine Smallwood, la responsable des situations d’urgence à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe, avait déclaré : « Le virus est avec nous pour toujours ». Évidemment, cette intervention avait réduit à néant les espoirs d’un retour à la normale dans un futur très proche. Alors que le nombre de cas de Covid-19 flirte aujourd’hui avec la barre des 100 millions, une nouvelle étude duo de chercheurs de l’Université Emory et de l’Université d’État de Pennsylvanie (États-Unis) et publiée dans la revue Science le 12 janvier 2021 estime elle aussi que l’épidémie pourrait bien ne jamais se terminer. Or, si ces propos semblent inquiétants au prime abord, ils estiment toutefois que la situation sanitaire actuelle finira par se calmer. Selon ces chercheurs, le coronavirus SARS-CoV-2 deviendra à terme une maladie aussi bénigne qu’un simple rhume.

Les auteurs de l’étude estiment que pour cela, suffisamment de personnes devront être immunisées soit par les vaccins, soit par la maladie elle-même. Cette dernière deviendra bénigne et le virus circulera à des niveaux assez bas. Toutefois, atteindre ce stade dépendra de la vitesse à laquelle cette immunité de groupe sera effective. En somme, tout repose sur la rapidité avec laquelle la population sera infectée et/ou vaccinée.

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Crédits : Caniceus/pixabay

Les systèmes de santé devront tenir sur la longueur

Pour formuler cette conclusion, les chercheurs ont comparé le SARS-CoV-2 aux six autres coronavirus affectant les humains. Il s’agit des quatre coronavirus du rhume, auxquels on ajoute le SRAS (2003) et le MERS (2012). Pour ces scientifiques, le nouveau virus se comporte en effet comme ceux induisant le rhume chez les humains. Celui-ci infecte généralement une première fois les enfants de 3 à 5 ans avant de devenir moins « méchant » à l’âge l’adulte.

Cette façon de voir les choses est partagée par d’autres scientifiques comme Romulus Breban, épidémiologiste à l’Institut Pasteur interrogé dans un article de La Croix en août 2020. Il indiquait que nos systèmes de santé allaient devoir tenir sur la longueur, car la Covid-19 est une maladie supplémentaire à prendre en charge. Le chercheur avait fait un parallèle avec la grippe, expliquant que la population vivait avec cette maladie saisonnière. Or, si celle-ci fait toujours des morts, elle n’est plus traitée comme une maladie d’importance cruciale, une stratégie de vaccination et une surveillance à l’échelle mondiale permettant de contenir les épidémies.