Pourquoi un ingénieur du XXe siècle voulait brûler tout le charbon ?

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Il y a environ un siècle, un ingénieur américain pensait qu’il existait une relation vertueuse entre la combustion du charbon et le réchauffement climatique. Évidemment, cette vision est totalement fausse, mais à l’époque, elle était assez répandue.

Une vision idéalisée et erronée

Depuis plusieurs années, le dérèglement climatique s’emballe malgré les nombreux rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Malheureusement, le seuil irréversible de + 1,5 °C des températures moyennes par rapport à l’ère préindustrielle devrait être franchi dès 2030. Si aujourd’hui, les événements climatiques extrêmes et leur fréquence favorisés par ce dérèglement inquiètent, les croyances et perceptions n’étaient pas vraiment similaires au début du XXe siècle, comme l’explique BBC Future dans un article du 1er février 2024.

William Lamont Abbott (1861-1951), ingénieur en mécanique et président du conseil d’administration de l’Université de l’Illinois (États-Unis), incarnait en effet à lui seul une vision idéalisée et erronée du réchauffement climatique. Il a en effet développé une thèse qui ferait aujourd’hui frémir n’importe quel expert : « Le charbon est un matériau indispensable à l’amélioration de la vie humaine et les pays devraient brûler tout le charbon enfoui sous Terre. »

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Une centrale électrique au charbon à Glenrock, dans le Wyoming. Crédits : J David Ake / AP

La promesse d’une vie sur Terre plus agréable

Sa théorie évoque une énergie libératrice qui ignore totalement les catastrophes pouvant en découler. Pourtant, cette vision s’inscrivait tout de même parfaitement dans un début de XXe siècle (vers 1920) durant lequel la science commençait à prendre connaissance du lien entre le développement industriel et l’augmentation des émissions de CO2. Seulement, voilà, les physiciens du siècle précédent avaient estimé que la Terre se refroidirait de manière inexorable. Autrement dit, brûler tout le charbon aurait favorisé l’augmentation des températures et aurait donc été de promesse d’une vie plus agréable.

William Lamont Abbott promettait un progrès certain et associait notamment le CO2 à une expansion des surfaces agricoles, notamment avec la transformation des pôles en zones tempérées. Or, brûler le charbon mondial pouvait selon lui répondre à une problématique de premier plan : l’explosion de la population. Pourtant, la Seconde Guerre mondiale n’avait pas encore eu lieu, si bien que la population de l’époque était quatre fois moins importante qu’aujourd’hui et avoisinait les deux milliards d’individus.

Enfin, d’autres chercheurs soutenaient cette théorie, notamment le physicien suédois Svante Arrhenius (1859-1927). Ses travaux portant sur une croissance basée sur le dioxyde de carbone ont d’ailleurs été récompensés par un Prix Nobel de chimie en 1903. Pourtant, quelques scientifiques ont tenté de prévenir que ce genre de vision n’avait pas lieu d’être, notamment le géologue américain Thomas Chrowder Chamberlin (1843-1928).