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Pourquoi les plus gros animaux se déplacent-ils aussi lentement ?

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Crédits : vinioliverfotografia/pixabay

Une étude révèle que les animaux de plus d’une tonne ont tendance à se déplacer plus lentement que les autres. Intuitivement, nous pourrions penser que cette vitesse de locomotion réduite a un lien direct avec la masse de ces animaux. En réalité, cela aurait plutôt à voir avec une autre raison. Les résultats de ces nouveaux travaux sont publiés dans la revue PLOS Biology.

La question du déplacement animal

Que ce soit sur terre, dans l’eau ou dans l’air, les mouvements des animaux sont un élément central de plusieurs processus écologiques. Les comportements de déplacement tels que la recherche de nourriture, la dispersion et la migration permettent en effet aux animaux d’accéder aux ressources et aux possibilités de reproduction. Ils sont donc essentiels à leur survie à long terme.

Cependant, malgré ces avantages potentiels, les comportements de mouvement entraînent aussi des coûts considérables. Certains animaux font par exemple parfois face à des épisodes prolongés de dépenses métaboliques élevées afin de maintenir la locomotion à travers un paysage hostile. De tels compromis contribuent à l’émergence de dynamiques spatiales complexes au sein des paysages qui sont cruciales pour la persistance des espèces.

À la lumière des preuves de plus en plus claires suggérant que les perturbations d’origine humaine, telles que la fragmentation des paysages et le changement climatique, perturbent les mouvements naturels des animaux, il devient ainsi de plus en plus urgent de mieux appréhender les capacités de mouvement de ces animaux dans le but d’interférer le moins possible.

Dans cette optique, une équipe de chercheurs a récemment développé un modèle informatisé afin d’examiner la relation entre la taille d’un animal et sa vitesse de déplacement. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé des données sur 532 espèces. Ces dernières n’incluaient que les animaux se déplaçant librement dans la nature sur la base de dispositifs de repérage radar ou d’enregistrements vidéo.

ours polaire animaux
Crédits : mtanenbaum/Pixabay

Les gros animaux, limités par leurs capacités de dissipation thermique

Suite à l’analyse de ces données, il est alors apparu qu’au fur et à mesure que les animaux devenaient plus gros, les vitesses de déplacement augmentaient. En revanche, au-delà d’une tonne, les vitesses de déplacement se sont stabilisées, puis ont commencé à diminuer.

En recherchant les raisons possibles pour lesquelles les animaux ralentissaient, les auteurs ont alors conclu que ces plus gros animaux devaient surtout ralentir pour évacuer l’excès de chaleur généré par leurs muscles. Autrement dit, les animaux les plus massifs doivent lever le pied pour éviter la surchauffe. Notez que les chercheurs ont fait le même constat pour les plus grandes espèces aquatiques. Les animaux de taille moyenne, tels que les loups, ont quant à eux montré les vitesses soutenues les plus rapides.

« La nouvelle étude fournit un moyen de comprendre les capacités de déplacement des animaux d’une espèce à l’autre et peut être utilisée pour estimer la vitesse de déplacement de n’importe quel animal en fonction de sa taille« , résume ainsi le biologiste Alexander Dyer, du Centre allemand de recherche intégrative sur la biodiversité, dans un communiqué. « Par exemple, cette approche peut être appliquée pour prédire si un animal pourrait être capable de se déplacer entre des habitats fragmentés par le développement humain, même lorsque les détails de sa biologie sont inconnus« .

Au regard de ces résultats, il apparaît également que les plus grands animaux seront potentiellement plus sensibles aux effets du réchauffement climatique qu’on ne le pensait auparavant, et donc plus sujets à l’extinction.