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Des chercheurs proposent de mettre vos selles dans une banque. Voici pourquoi.

Crédits : Tama66/Pixabay

Plusieurs chercheurs proposent la création d’un nouveau type de banque à l’échelle nationale : une banque de selles humaines. L’idée serait de déposer un échantillon fécal relativement tôt dans la vie. Celui-ci pourrait alors être stocké et utilisé plus tard dans le but de restaurer l’équilibre du microbiote intestinal si nécessaire.

Nos intestins contiennent des milliards de micro-organismes jouant un rôle crucial dans la digestion des aliments et l’absorption des nutriments. Ils permettent également de prévenir certaines maladies. Au fil du temps, le processus de vieillissement entraîne des altérations dramatiques de ce microbiote intestinal. Nous savons également que des progrès industriels enregistrés au cours de ces dernières décennies ont été associés à des changements de flore à grande échelle.

Aussi, depuis plusieurs années, des chercheurs explorent le potentiel de la greffe fécale, notamment pour guérir le cancer du côlon ou l’alcoolisme. Il y a quelques années, une greffe de selles avait même permis de rajeunir le cerveau des vieilles souris.

Chez les patients humains, la technique est pour l’heure principalement utilisée pour traiter des affections telles que l’infection à Clostridioides difficile (CDI) et les maladies inflammatoires de l’intestin. Cependant, les experts pensent que la méthode pourrait à terme être utilisée pour lutter contre un éventail plus large de maladies.

Une banque de selles

L’idée de transplanter des selles d’un donneur à un receveur a ses avantages. Néanmoins, certains transferts pourraient ne pas être adaptés. Transférer l’ensemble de la communauté microbienne intestinale « ancestral » d’un donneur évoluant dans une société non industrielle vers un receveur « industriel » pourrait par exemple entraîner un sérieux décalage, et donc produire des conséquences potentiellement néfastes.

À la place, des études émergentes suggèrent que la greffe de microbiote fécal autologue, utilisant les propres échantillons de selles des receveurs prélevés à un plus jeune âge, pourrait être une meilleure solution (ou du moins une alternative). Cela pourrait potentiellement conduire à l’idée de rajeunir le microbiote intestinal humain.

Pour ce faire, nous devrions alors collecter les échantillons de selles des personnes lorsqu’elles sont jeunes et en bonne santé, puis les stocker pour une éventuelle utilisation future. Cette proposition émane de chercheurs de la Harvard Medical School et du Brigham and Women’s Hospital (BWH).

toilettes selles
Crédits : lyperzyt/Pixabay

Une telle approche pourrait entraîner naturellement de sérieux défis, notamment sur la manière de stocker de manière adéquate des échantillons de selles en toute sécurité dans une cryoconservation à long terme. Néanmoins, les bénéfices pourraient être énormes. « Les greffes de selles autologues ont le potentiel de traiter des maladies auto-immunes telles que l’asthme, la sclérose en plaques, les maladies inflammatoires de l’intestin, le diabète, l’obésité et même les maladies cardiaques et le vieillissement« , notent les auteurs. « Nous espérons que cet article suscitera des essais à long terme« .

Les détails de l’étude sont rapportés dans Trends in Molecular Medicine.