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Pourquoi ces grands requins blancs se rassemblent-ils tous au “milieu de nulle part” ?

Crédits : iStock

Chaque hiver, passé décembre, des centaines de grands requins blancs se retrouvent au milieu du Pacifique, dans une zone a priori « stérile ». Pourquoi ? Une équipe de chercheurs vient de le découvrir, mais une autre question reste en suspend.

Durant la deuxième moitié de l’année, les requins blancs du nord-est du Pacifique se nourrissent de mammifères marins le long des côtes californiennes, généralement entre les mois d’août et décembre. Les prédateurs se dirigent ensuite au milieu de l’océan, entre Baja et Hawaii, où ils passent l’hiver et le printemps avant de retourner en Californie. Les données disponibles suggéraient jusqu’à présent que la région était un désert océanique, dépourvu de proies. Si tel est effectivement le cas, pourquoi ces requins gaspilleraient-ils autant d’énergie pour investir une telle zone ?

Barbara Block et son équipe de la station marine Hopkins de l’Université de Stanford (États-Unis), ont récemment suivi les requins, dans l’espoir de comprendre ces mystérieux rassemblements. Ils ont alors découvert sur place des quantités folles de poissons. Préférant les profondeurs pendant la journée, des milliers de petites proies s’aventurent en effet la nuit venue dans les eaux peu profondes. En suivant les parcours d’une trentaine de requins, les chercheurs se sont alors aperçus que ceux-ci empruntaient les mêmes chemins, plongeant jusqu’à 450 mètres de profondeur pendant la journée, pour finalement chasser à 200 mètres sous la surface durant la nuit.

Ces profondeurs ne sont généralement pas empruntées par les requins, car trop froides, et la pression est telle que les requins ne digèrent par leurs proies. Mais il s’avère que requins et proies empruntent ici un courant d’eau chaude dont les chercheurs ignoraient l’existence.

Ce que l’on pensait être une zone désertique grouille ainsi de vie la nuit, attirant les requins dans des courants appropriés. Les chercheurs ont également remarqué que les mâles plongeaient beaucoup plus souvent au cours du mois d’avril (jusqu’à 140 plongées par jour), contrairement aux femelles. Pour l’heure les chercheurs ne peuvent expliquer ces différences de comportements. D’autres suivis seront nécessaires pour tenter de répondre à cette question.

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