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Pourquoi ce dinosaure se déplaçait-il en restant accroupi ?

Crédits : Anthony Romilio

L’analyse d’empreintes identifiées sur le toit d’une grotte dans le Queensland (Australie) suggère la présence d’un dinosaure se déplaçant en position accroupie, évoluant probablement dans la boue.

À Mount Morgan, dans le Queensland (Australie), se trouve un réseau gigantesque de grottes, sur les parois desquelles des centaines d’empreintes laissées par des dinosaures ont été retrouvées dans les années 1950. Dans l’une de ces grottes, une série d’empreintes identifiées au plafond a particulièrement intrigué les chercheurs au cours de ces dernières décennies. Et pour cause, elle semblaient avoir été laissées il y a 200 millions d’années par un théropode carnivore… marchant à quatre pattes.

Le site étant resté clos pendant de nombreuses années, les chercheurs n’ont pas eu l’occasion d’analyser ces pistes en profondeur. La situation a évolué il y a quelques années alors que le paléontologue Anthony Romilio se promenait dans la région. Il a en effet rencontré Roslyn Dick, la fille de Ross Staines, un paléontologue qui avait exploré ces mêmes grottes en 1954. À l’époque, il avait écrit de nombreux comptes-rendus et pris quelques photos.

Anthony Romilio a eu la chance de pouvoir accéder à toutes ces archives et, après examen, il est finalement arrivé à la conclusion que toutes les empreintes avaient été faites non pas par un théropode se déplaçant à quatre pattes, mais par deux herbivores évoluant sur leurs deux pattes arrière. Ces travaux, publiés il y a quelques mois, ont donc permis de résoudre l’énigme de ces mystérieuses traces 50 ans après leur découverte.

Un dinosaure accroupi

Ceci étant dit, la publicité de cette annonce a récemment poussé les responsables du musée historique du Mont Morgan a rechercher d’autres documents dans leurs armoires, datant des années 50. Ils en ont retrouvé plusieurs, dont quelques photos qu’ils ont remis au paléontologue pour analyses.

Et l’une d’entre elles a de nouveau intrigué le chercheur. Le cliché nous révèle en effet des empreintes de pas suggérant que le dinosaure qui en est à l’origine s’appuyait sur l’ensemble de sa voûte plantaire, pas seulement sur ses orteils, indiquant de ce fait qu’il était accroupi. Mais pour quelle raison se déplaçait-il ainsi ?

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Crédits : Musée historique du Mont Morgan

Rester le plus stable possible

À l’époque du Jurassique, certains prédateurs pouvaient parfois s’accroupir à la manière des félins à l’affût, en position stationnaire, prêts à bondir sur leur proie. Mais l’animal responsable de ces traces étant un ornithopode, un sous-ordre de dinosaures herbivores dont les pattes ressemblaient à celles des oiseaux, nous pouvons exclure tout comportement de traque.

Le paléontologue ne pense pas non plus que l’animal tentait simplement de se baisser de manière à plonger sa tête sous les arbres. Au lieu de cela, l’explication la plus probable, selon lui, est que ce dinosaure cherchait à maintenir son centre de masse bas dans le but de rester le plus stable possible. Un comportement qui laisserait à penser que l’animal tentait de traverser la rive boueuse d’un ancien lac.

Ce n’est bien sûr qu’une interprétation. L’idéal serait de pouvoir se rendre directement sur place pour analyser ces traces. Malheureusement, les photographies les illustrant n’indiquent pas leur emplacement exact.

En outre, de nombreuses pistes ont été cartographiées au début des années 2000, mais celles qui nous intéressent ici n’apparaissent sur aucun de ces relevés. Pour le chercheur, il est même possible qu’elles se soient complètement érodées. Si tel est le cas, alors nous n’aurons jamais le fin mot de l’histoire.

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