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Pour vivre plus longtemps, buvez du café

café
Crédits : kaboompics/Pixabay

Boire quelques tasses de café par jour est lié à une durée de vie plus longue et à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires. C’est en tout cas ce que confirment de nouveaux travaux dont les résultats s’appliquent aux variétés moulues, instantanées et décaféinées. Les détails de l’étude sont publiés dans l’European Journal of Preventive Cardiology. Il s’agit de la principale revue mondiale de cardiologie préventive.

Le café est omniprésent dans nos sociétés et son principal constituant, la caféine, est le psychostimulant le plus consommé dans le monde. Avec une sensibilisation croissante du public à la prévention des maladies cardiovasculaires, un intérêt significatif s’est concentré sur les facteurs de risque liés au mode de vie, dont la consommation du café, connu pour ses effets laxatifs.

Historiquement, de nombreux praticiens recommandent d’éviter le café chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires. Cette idée est pourtant contestée par des études d’observations qui soulignent au contraire un effet bénéfique de la consommation de café sur l’arythmie incidente et la prévention des maladies cardiovasculaires. Une nouvelle étude confirme cette association.

Instantané, moulu et décaféiné

Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs du Baker Heart and Diabetes Research Institute (Australie) ont examiné les associations entre différents types de café et les arythmies incidentes, les maladies cardiovasculaires et les décès à l’aide des données de la UK Biobank. Il s’agit d’une banque de données qui abrite les dossiers médicaux de centaines de milliers de volontaires britanniques. Notez que les maladies cardiovasculaires impliquaient l’insuffisance cardiaque congestive, les maladies coronariennes et les AVC.

L’étude a inclus 449 563 participants (dont 55,3 % de femmes) âgés de 40 à 69 ans exempts d’arythmies ou d’autres maladies cardiovasculaires au départ. Les participants ont rempli un questionnaire en soulignant le nombre de tasses de café qu’ils buvaient chaque jour. On les a également questionnés sur le type de café consommé : instantané, moulu (café filtré par exemple) ou décaféiné.

Ces participants ont ensuite été regroupés en six catégories d’apport quotidien (« aucune tasse », « une demie », « une tasse », « deux à trois », « quatre à cinq » et « plus de cinq » tasses par jour). Le type de café le plus consommé était l’instantané (44,1 % des participants). Le café moulu était consommé chez 18,4 % des sujets et le décaféiné chez 15,2 %. Enfin, un peu plus de 22 % de la cohorte était des non-consommateurs de café. Ces derniers ont servi de groupe de comparaison.

Les auteurs ont ajusté leurs résultats pour tenir compte de l’âge, du sexe et de l’origine ethnique. Ils ont également pris en considération plusieurs maladies comme l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète, mais aussi des habitudes tabagiques et de la consommation de thé ou d’alcool. Le suivi médian était de 12,5 ans.

café grains
Crédits : juliopablo / Pixabay

Des résultats très clairs

Au total, 27 809 (soit 6,2 %) participants sont décédés au cours du suivi. De manière générale, tous les types de café ont été associés à une réduction des décès, quelle qu’en soit la cause. La plus grande réduction du risque a cependant été observée dans le groupe consommant deux à trois tasses par jour. En comparaison des non-consommateurs de café, la probabilité de décès était inférieure de 14 %, 27 % et 11 % chez ce groupe pour les préparations décaféinées, moulues et instantanées, respectivement.

Au cours du suivi, 43 173 participants (soit 9,6 %) ont été touchés par des maladies cardiovasculaires. Là encore, tous les sous-types de café étaient associés à une réduction des diagnostics. Encore une fois, le groupe le moins à risque était celui des « deux à trois tasses » par jour. Comparé aux non-consommateurs, le risque de développer ces maladies était de 6 %, 20 % et 9 % inférieurs pour le café décaféiné, moulu et instantané, respectivement.

Enfin, 30 100 participants (soit 6,7 %) ont développé une arythmie. Ici, la consommation de café moulu et instantané était associée à une réduction du risque d’arythmies, y compris la fibrillation auriculaire. Par rapport aux non-buveurs, les risques les plus faibles concernaient le groupe des « quatre à cinq tasses par jour » pour le café moulu et le groupe des « deux à trois tasses par jour » pour l’instantané avec respectivement 17 % et 12 % de risques réduits. La consommation de décaféiné n’est en revanche visiblement pas associée à une réduction du risque d’arythmie.

Pour les auteurs, ces nouveaux résultats suggèrent qu’une consommation légère à modérée de café moulu, instantané ou décaféiné devrait être considérée comme faisant partie d’un mode de vie sain.