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Pour survivre, les rennes du Svalbard ont commencé à manger des algues

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Crédits : Ben Birchall

La nourriture étant piégée sous la glace à cause des fortes pluies, les rennes du Svalbard n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les algues. Et ce n’est pas une bonne nouvelle. 

Les rennes du Svalbard sont en mauvaise posture. Dépendants (ou presque) du lichen, leur principale source de nourriture, les ongulés font face depuis plusieurs années à un phénomène inquiétant. En raison du réchauffement du climat, les pluies deviennent de plus en plus intenses en hiver et les chutes de neige se font de plus en plus rares, entraînant la formation de gigantesques couvertures glacées. Le lichen, piégé en dessous, n’est alors plus aussi accessible. Pour éviter la famine, les rennes se rabattent sur les algues. Mais d’un point de vue nutritif, ça n’a rien strictement rien à voir.

« Ils vont et viennent entre le rivage (où se trouvent les algues) et les quelques zones de végétation sans glace tous les jours, explique Brage Bremset Hansen, biologiste à l’Université norvégienne des sciences et technologie, principal auteur de cette étude publiée dans la revue Ecosphere. Il est donc évident qu’ils doivent combler le manque de nourriture avec tout ce qu’ils peuvent trouver. Le problème, c’est qu’ils ne peuvent pas subvenir à leurs besoins avec des algues ». Pauvre en calories, cette nouvelle source de nourriture entraînerait même la formation de diarrhées.

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Dans le Svalbard, la nourriture se fait de plus en plus rare en hiver. Crédits : Pixabay

Les rennes perdent du poids

Et le problème ne date pas d’hier. Il y a quelques années, une étude avait en effet révélé que le poids moyen des rennes adultes du Svalbard était passé de 55 kg en moyenne dans les années 90 à 48 kg en moyenne dans les années 2010. Une baisse du poids de forme que nous devons également lier à l’augmentation de la population de l’espèce. Étant donné qu’ils sont plus nombreux, il y a donc encore moins de nourriture disponible pour tout le monde.

On rappelle que la région arctique se réchauffe actuellement deux à trois fois plus vite que le reste du monde. Les rennes se trouvent donc en première ligne, à l’instar des ours polaires et autres animaux dépendants de la banquise pour survivre. Et ça ne va pas s’arranger. Un récent rapport signé de l’ONU nous révélait en effet il y a quelques jours que même si nous bloquons toutes les émissions de carbone dès maintenant, l’Arctique devrait encore se réchauffer d’au moins 3 °C d’ici 2050. Et de 5 à 9 °C d’ici 2080 par rapport aux niveaux préindustriels.

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