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Pour sa mission sur Mars, l’ESA demande de l’aide à la NASA

Illustration du rover Rosita Franklin déployée sur Mars. Crédits : ESA

La mission ExoMars 2020 vient d’essuyer un nouveau revers avec le déploiement de ses parachutes. Le timing se resserre dangereusement. Pour tenir les délais, l’ESA a demandé de l’aide à la NASA.

L’année prochaine, la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA) vont toutes deux lancer une mission visant à rechercher des traces de vie sur Mars. Si tout semble a priori bien se dérouler du côté américain, on ne peut pas en dire autant du côté européen. L’ESA a en effet déjà pris beaucoup de retard dans la conception de sa mission ExoMars 2020 et n’a visiblement pas réglé ses problèmes de parachutes.

Atterrir sur Mars, c’est compliqué

Pourquoi ? parce qu’il n’y a quasiment pas d’atmosphère permettant de freiner la descente des vaisseaux. Pour vous donner une idée des difficultés de la manoeuvre, on rappelle que la moitié des missions visant à se poser sur la planète rouge se sont écrasées.

Pour sa mission, l’ESA compte s’appuyer sur deux parachutes. Le premier fait 15 mètres de diamètre et le second 35 mètres de diamètre. Pour anticiper les éventuels déboires, les ingénieurs ont testé le déploiement des deux voilures à plusieurs reprises. Les manoeuvres ont eu lieu sur le site de la Swedish Space Corporation Esrange, en Suède.

Un premier test de déploiement réussi a eu lieu l’année dernière avec le plus grand parachute, déployé à 1,2 km d’altitude. Le 28 mai dernier en revanche, la séquence de déploiement des deux parachutes a été testée pour la première fois à une hauteur de 29 km, mais les deux voilures ont été endommagées. Des modifications techniques ont ensuite été apportées et un nouveau test a eu lieu le 5 août dernier, mais encore une fois les deux voilures n’ont pas tenu.

Depuis l’ESA n’a pas su régler le problème.

mars parachutes
L’ESA rencontre des problèmes de parachutes. Crédits : ESA

50% de chances de tenir les délais

Pour lancer leur mission, les deux agences vont devoir profiter d’une fenêtre de lancement ouverte entre le 26 juillet et le 12 août prochain. La NASA devrait pouvoir tenir les délais mais l’ESA est aujourd’hui coincée. Le problème c’est qu’en cas d’échec, il faudra patienter jusqu’à la prochaine fenêtre de lancement pour mettre en place la mission. Et celle-ci ne se présentera qu’en 2022. Les coûts de la mission seront alors encore plus importants. Ils sont aujourd’hui estimés à environ un milliard d’euros.

« Il sera très, très serré de préparer la sonde pour le lancement de l’été prochain, a déclaré le directeur d’ExoMars, Pietro Baglioni. Je pense que nous n’avons que 50% chances de pouvoir continuer comme prévu ». C’est dire si la mission est mise en péril.

La NASA à la rescousse

Les deux agences ne sont pas réellement concurrentes. En cas de besoin, elles peuvent s’entraider. En conséquence, l’ESA a récemment demandé de l’aide aux ingénieurs de la NASA dans le but de sauver sa mission. De nouveaux parachutes sont actuellement testés aux États-Unis. Ils feront l’objet d’essais à haute altitude en février prochain.

On espère que la mission pourra finalement tenir ses délais. Une fois posée, l’idée consistera à installer une plate-forme scientifique fixe construite par l’agence russe Roscosmos. Plusieurs instruments permettront de sonder l’environnement martien et d’étudier la distribution de l’eau sous la surface.

Le rover Rosita Franklin, construit cette fois par l’ESA, aura de son côté pour objectif de parcourir la surface et de forer jusqu’à deux mètres dans le but de récolter des échantillons de matière. Ceux-ci seront ensuite ramenés vers la plate-forme qui se chargera de les analyser. Alors nous saurons peut-être si la vie a déjà existé sur Mars.

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