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Pour les empereurs romains, la première année au pouvoir était la plus risquée

Crédit : couleur/pixabay

Les empereurs romains s’exposaient à un risque élevé de mort violente au cours de leur première année de règne. Le risque diminuait ensuite lentement au cours des sept années suivantes.

Jusqu’à présent, les règnes des empereurs romains étaient généralement étudiés de manière individuelle. On les considérait comme des événements uniques, aux issues aléatoires. En revanche, examinez plusieurs dizaines de ces règnes sur plusieurs centaines d’années, et vous remarquerez un schéma statistique bien définit, similaire à celui observé en… ingénierie de fiabilité.

Sur le papier, les deux domaines d’études n’ont effectivement rien à voir. Et pourtant.

Joseph Saleh, ingénieur en aérospatial du Georgia Institute of Technology, aux États-Unis, s’est en effet récemment penché sur la durée du règne de 69 empereurs romains sur une période de plus de 400 ans (entre 31 av. J.-C. et l’an 395).

Ces travaux, publiés dans la revue Palgrave Communications, ont révélé que 43 des 69 dirigeants (62%) avaient essuyé des morts violentes par assassinat, par suicide ou lors d’un combat. Le risque diminuait ensuite lentement au cours des sept années suivantes, se stabilisait à la huitième année puis remontait ensuite jusqu’à la 12e année de règne.

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L’empereur Commode, étranglé dans son bain après 12 ans de règne. Crédits : Wikipédia

Une courbe en baignoire

Ce qui est intéressant, c’est que le chercheur a trouvé des similitudes entre les morts apparemment aléatoires des empereurs et le taux de défaillance des composants en ingénierie.

«En ingénierie, la fiabilité d’un composant est définie comme la probabilité qu’il soit toujours opérationnel à un moment donné, explique-t-il. Le délai de défaillance représente le temps qu’il faut pour qu’un composant ou un processus échoue. On remarque alors des similitudes avec la durée de règne des empereurs romains».

Tous comme les empereurs romains étaient confrontés à un risque élevé de mort violente au cours des premiers mois de leur règne, de nombreux composants techniques ne survivent pas à leur première année, en raison d’un échec de fonctionnement principalement. Le taux de défaillance des composants diminue ensuite sur plusieurs années avant de remonter à cause de l’usure des matériaux.

Au final, le taux de défaillance des empereurs romains affiche une “courbe en baignoire”, un modèle statistique généralement observé avec les composants mécaniques et électriques.

«Il est intéressant de noter qu’un processus apparemment aléatoire aussi peu conventionnel et périlleux que la mort violente d’un empereur romain – sur une période de quatre siècles et dans un monde en très grande évolution – semble avoir une structure remarquablement bien capturée par un modèle statistique largement utilisé en ingénierie, conclut le chercheur.

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