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Pour le rover chinois Yutu 2, un nouveau jour se lève « de l’autre côté de la Lune »

Crédits : CLEP / CNS

Le rover chinois Yutu 2 est sur le point de se « réveiller » de l’autre côté de la Lune, après avoir essuyé une nouvelle nuit glaciale. Le véhicule a déjà parcouru plus de 700 mètres depuis sont arrivée plus place il y a un peu plus de deux ans.

Le 3 janvier 2019, la Chine marquait l’histoire en livrant un premier rover en douceur sur la « face cachée de la Lune » dans le cadre de sa mission Chang’ e-4. L’atterrisseur et son rover, baptisé Yutu 2 – ont atterri à l’intérieur du cratère Von Karman, une formation retrouvée dans le bassin du pôle Sud-Aitken, le plus grand cratère d’impact du Système solaire.

Les deux machines sont entrées dans en « état de dormance » le 19 avril dernier juste avant le coucher du Soleil, essuyant depuis des températures pouvant descendre à moins 180 degrés Celsius. Le rover et son atterrisseur se réveilleront de leur hibernation dans quelques jours après le lever de notre étoile sur le cratère Von Kármán.

Le rover joue les prolongations

Depuis son arrivée, Yutu 2 se dirige vers le nord-ouest de son point d’atterrissage. Jusqu’à présent, il a parcouru un total de 708,9 mètres, s’appuyant sur ses caméras panoramiques, son radar de pénétration lunaire (LPR) et un spectromètre d’imagerie visible et proche infrarouge pour collecter des données.

Le véhicule à six roue, qui ne pèse que 140 kilos, a déjà isolé un certain nombre de couches distinctes de roches sous la surface lunaire susceptibles d’avoir été créées par le volcanisme et des impacts d’astéroïdes.

Yutu 2, qui a déjà largement dépassé sa durée de vie nominale de 90 jours terrestres, est également récemment tombé sur une étrange petite pierre de forme très allongée et géologiquement très jeune.

D’après les chercheurs, il pourrait s’agir d’un éjecta d’impact du cratère Finsen voisin, plutôt qu’une simple roche exposée. L’équipe de mission prévoit de l’analyser plus en profondeur avec le spectromètre d’imagerie visible et proche infrarouge (VNIS) du rover, qui détecte la lumière dispersée ou réfléchie sur les matériaux pour révéler leur composition. Ces données pourront permettre de sonder son origine.

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Une image de caméra de navigation de la roche repérée par le rover chinois Yutu 2. Crédits : CNSA

Ensuite, le rover poursuivra son voyage vers le nord-est. L’objectif sera d’identifier de la roche basaltique, dont les analyses pourraient permettre de mieux appréhender l’histoire de la surface lunaire locale.

Rappelons enfin que Yutu 2 n’est pas le seul rover chinois à progresser. Dans quelques jours, le rover Zhurong, qui intègre la première expédition interplanétaire du pays, tentera en effet d’atterrir sur Mars dans une vaste plaine rocheuse appelée Utopia Planitia. En cas de succès, la Chine sera le second pays seulement à se poser en douceur sur Mars après les États-Unis.