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Pour la première fois, la température moyenne de l’hiver à Moscou a été supérieure à 0 °C

Image d'illustration. Crédits : Wikimedia Commons.

Ce n’était jamais arrivé à Moscou en près de 200 ans de mesures. La température moyenne du trimestre décembre-janvier-février a dépassé le 0 °C. Un non-hiver qui signe une anomalie de plus de 6°C par rapport à la normale 1981-2010. Cette sortie de route s’avère remarquable, et ce même au regard du contexte de réchauffement climatique.

Comme nous le mentionnions dans un précédent article, l’hiver 2019-2020 a été marqué par une douceur exceptionnelle sur une large étendue du continent eurasien. Aussi, de très nombreux records sont tombés. En France comme dans d’autres pays, il s’agit de l’hiver le plus doux jamais observé depuis le début des mesures.

Moscou : premier hiver au-dessus du 0 °C

Parmi la pléthore d’excès recensés, certains se montrent plus marquants que d’autres. C’est par exemple le cas de Moscou où la température moyenne de la saison froide a fini au-dessus du seuil symbolique de 0 °C. En effet, la valeur brute calculée entre le 1 décembre 2019 et le 29 février 2020 s’élève à 0,2 °C. Cette dernière surpasse largement le précédent record porté à -2,8 °C et daté de l’hiver 1960-1961. Une anomalie de 6,3 °C par rapport à la normale 1981-2010 qui ne connaît donc aucun équivalent depuis le début des observations fiables en 1821.

hiver température
Anomalie de température à 2 mètres moyennée sur l’hiver 2019-2020. Notez l’étendue et l’intensité des excès sur le continent eurasien. Crédits : Karsten Haustein / @khaustein.

Qu’une ville connue pour son climat très rude expérimente un hiver avec un mercure légèrement positif a de quoi surprendre. Un événement exceptionnel qui apparaît comme la déclinaison locale de l’anomalie ayant affecté à plus grande échelle les secteurs s’étendant de l’Europe de l’ouest à la Russie orientale.

Ce pic de douceur doit son origine à une intrusion profonde et récurrente du flux d’ouest dans les terres, lequel a induit une forte perte de continentalité. En effet, ces vents en provenance de l’océan Atlantique ont véhiculé un air relativement doux et humide tout au long du trimestre. Comme le vivant réagit rapidement aux fluctuations environnementales, de nombreuses floraisons ont pu être observées en plein cœur de l’hiver.

Un événement extrême malgré le contexte climatique

Si l’évolution de long terme des températures hivernales à Moscou montre un réchauffement d’environ 4,5 °C, l’épisode de 2019-2020 apparaît clairement comme une sortie de route. En d’autres termes, anormal même dans le contexte du réchauffement climatique dû aux activités humaines. À ce titre, le chef du centre de prévisions météorologiques russe a déclaré qu’il était « sûr que nous n’allons pas revoir un hiver si chaud avant longtemps ».

Moscou hiver
Crédits : Etienne Kapikian / @EKMeteo.

Enfin, en lien avec ces températures hors saison, on dénote un déficit criant de neige. Encore une fois, l’image est généralisable à tout le secteur européen. Résultat attendu en présence d’une influence océanique propagée loin dans l’intérieur du continent par une circulation d’ouest tournant à plein régime.

De récents indices suggèrent que la configuration atmosphérique spécifique expliquant l’essentiel de la douceur hivernale serait en partie liée à une disposition modale de l’activité orageuse dans l’océan Indien. Plus précisément, par une puissante phase positive de l’IOD en début de saison. Toutefois, il faudra attendre les résultats de recherches dédiées pour en savoir plus à ce sujet.

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