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Pour dépister un cancer de la gorge, faites sentir votre haleine !

Crédits : iStock

Pour dépister un cancer de la gorge, il suffira bientôt de souffler dans cet appareil. Doté de nombreux micro-capteurs, ce dispositif est en effet capable d’analyser l’haleine d’un patient afin d’y repérer des traces de tumeur. Explications.

À première vue, on pourrait penser que cet appareil est un nouveau prototype d’éthylotest. À première vue seulement, car il s’agit en réalité d’un détecteur, inventé par l’École polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), capable de dépister un cancer de la gorge en analysant le souffle des patients. Si l’idée pouvait paraître fantaisiste, les premiers résultats ont néanmoins permis de montrer que les capteurs étaient particulièrement efficaces pour différencier l’haleine d’une personne saine de celle d’un patient atteint d’un cancer de la gorge.

Comment fonctionne l’appareil ? En analysant les composés organiques volatils (COV) contenus dans le souffle humain. Or, ceux-ci varient sensiblement, aussi bien au niveau de leur composition que dans leur concentration, en fonction de l’état de santé d’une personne. Ainsi, lorsque des cellules tumorales apparaissent, ces dernières se mettent à métaboliser des COV bien particuliers qui laissent une signature dans l’haleine. La seule difficulté résidait donc dans le fait d’isoler chimiquement ces particules. Un pari semble-t-il réussi grâce au réseau de micro-capteurs dits de tension de surface inventé par le laboratoire Samlab de l’EPFL.

L'appareil mis au point par l'EPFL
L’appareil mis au point par l’EPFL / Crédits : EPFL

Des polymères différents pour détecter les gaz contenus dans l’haleine du patient

Comme l’explique le site Sciences & Avenir, chaque capteur de ce réseau est constitué d’un disque de 500 micromètres de diamètre qui est recouvert par un polymère spécifique. Lorsque ce polymère est soumis à un gaz bien particulier, il engendre alors la déformation du disque qui est soutenu par 4 « ponts ». Ces derniers, dotés de piézorésistances, détectent ce changement de forme et génèrent ainsi un signal électrique qui signe la présence du composé tout en indiquant sa concentration. De cette façon, en intégrant un polymère différent dans chaque capteur de l’appareil, il est possible d’avoir une vue globale de la composition du souffle du patient.

« Il existe déjà sur le marché des méthodes de détection des molécules appelées nez électroniques, mais il leur est très difficile d’analyser des gaz très complexes, tels que l’haleine. L’humidité, notamment, peut perturber la mesure, ce qui résulte en de faux-positifs, ou de faux-négatifs », explique le Pr Nico de Rooji, responsable du laboratoire Samlab, relayé par le site Sciences & Avenir.

De nombreuses perspectives d’avenir

Au vu des excellents résultats obtenus auprès de plusieurs malades du Centre hospitalier universitaire vaudois (Suisse), les scientifiques de l’EPFL se sont associés au groupe de recherche japonais NIMS/MANA afin que leur technologie puisse être utilisée via un smartphone.

Par ailleurs, les capteurs mis au point pourraient également trouver de nombreuses applications en dehors du monde médical. Ce serait par exemple le cas en écologie chimique, où ils pourraient servir à analyser les gaz émis par les plantes lorsqu’elles sont attaquées par des insectes ou des champignons. De cette façon, il deviendrait possible d’agir suffisamment tôt et d’éviter l’usage intensif des insecticides.

Sources : Sciences & Avenir — ladepeche

– Illustration : mauvaisehaleine.com