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Pour ce Prix nobel, il est incorrect de parler de “Big Bang”

Crédits : iStock

Si vous croisez un jour le chemin de James Peebles, l’un des grands noms de la cosmologie, évitez de parler de “théorie du Big Bang”. Il n’aime pas ça.

James Peebles est l’un des trois lauréats du Prix Nobel de physique de cette année. Ce chercheur canadien a été récompensé pour ses travaux analysant l’histoire de notre Univers. Avec ses équipes, il a été en mesure de relever que la matière baryonique (celle que l’on peut voir) ne constitue que 5% de son contenu. Il avait également prédit l’existence du fond diffus cosmologique, un rayonnement fossile émis environ 380 000 ans après le “début de l’Univers”. Or, cette prédiction s’est depuis concrétisée.

Autrement dit, James Peebles est un ponte dans son domaine.

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James Peebles en 2010. Crédits : Wikipédia

L’un de ses principaux domaines de recherches est l’étude de la jeunesse de notre Univers. Notez bien que l’on parle ici de “jeunesse” et non de “naissance”. En effet, s’il y a bien une expression que ce chercheur ne supporte pas, c’est celle de la théorie du big bang censée expliquer comment l’espace et le temps ont émergé à partir d’un “instant initial”.

Parler de théorie du Big Bang est tout à fait inapproprié“, a-t-il déclaré au public lors d’un événement rendant hommage aux lauréats du prix Nobel tenu mercredi à l’ambassade de Suède à Washington. “Cette expression implique une notion d’événement et de position, ce qui est tout à fait faux“, a-t-il poursuivi, ajoutant que nous n’avions à ce jour aucune preuve concrète qu’une explosion géante se soit réellement produite.

Pour le chercheur, nous avons effectivement une bonne idée de ce qui s’est produit durant les toutes premières secondes suivant le développement de l’espace et du temps grâce aux calculs. Nous avons également repéré des “traces fossiles” de ces premiers instants de l’Univers. Néanmoins, il existe une “ligne d’horizon” au-delà de laquelle nous ne pouvons nous rendre même avec tous les calculs du monde.

On ne sait pas ce qui s’est réellement passé”

Avant cette ligne d’horizon, de nombreux chercheurs pensent que notre Univers primitif s’est développé de manière extrêmement violente pendant une fraction de seconde de grossir à partir d’un point minuscule. Certains parlent d’un facteur d’au moins 10^26, d’autres de 10^1 000 000.

Comme le souligne James Peebles, “c’est une très belle théorie et c’est sûrement vrai. Mais selon moi, toutes les théories deviennent établies quand elles réussissent leur examen. Or, nous n’avons à ce jour pas de test sérieux capable de prouver ce qui s’est réellement passé“.

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Inflation cosmique. Crédits : Wikipédia

Néanmoins, lorsqu’on lui demande quel terme il aimerait que l’on utilise pour qualifier le “Big Bang”, le chercheur s’avoue vaincu. “J’ai abandonné, j’utilise Big Bang moi-même, bien que cela me déplaise“, a-t-il expliqué. “Pendant des années, nous avons tenté de convaincre la communauté de trouver un meilleur terme, en vain. Donc ce sera le Big Bang. C’est malheureux, mais tout le monde connaît le nom, alors j’abandonne“.

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