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Les fractures du bréchet, un vrai problème pour les poules pondeuses

Crédits : AndreasGoellner/Pixabay

La vie des poules pondeuses n’est pas très longue et elle n’est jamais facile. Actuellement, les fractures de la quille du sternum sont considérées comme le problème de bien-être le plus important pour ces oiseaux. Cependant, jusqu’à présent, personne n’avait été en mesure de proposer une cause plausible de ces fractures. Une étude menée au Danemark s’est penchée sur le sujet.

Les poules pondeuses passent leur vie en cage, pondant quelque 300 œufs par an (deux, voire trois fois plus qu’elles ne le feraient dans la nature). Après la première année, il est courant dans l’industrie d’abattre ces oiseaux en réponse à une perte de productivité. Et entre-temps, elles ne sont pas épargnées par la douleur.

Les fractures du bréchet

Le bréchet, ou quille du sternum, est un os développé chez les oiseaux sur lequel s’insèrent les muscles pectoraux et supracoracoïdiens nécessaires au vol. Vous le retrouverez sous le corps de l’animal où il se profile de la cage thoracique jusqu’au niveau des pattes.

Les fractures de cet os dans les systèmes de production avicole sont un problème majeur de bien-être. Des enquêtes récentes suggèrent que la situation globale pourrait s’aggraver. Selon le système de logement (cage ou en « plein air »), certains pays signalent des prévalences de fractures supérieures à 80 %.

Selon l’opinion actuelle, ces fractures seraient causées par un traumatisme lié à l’impact de l’oiseau avec le mobilier et l’équipement du poulailler. On remarque pourtant des prévalences de blessures comparables chez les oiseaux évoluant dans des systèmes alternatifs où les poules peuvent se déplacer librement. Il doit donc y avoir d’autres causes.

Dans le cadre de travaux précédents basés sur des tomodensitométries et différentes techniques histopathologiques de bréchets fracturés, des chercheurs ont déjà suggéré que ces fractures n’étaient pas dues à des traumatismes externes. Les types de cellules inflammatoires s’accumulant normalement en réponse à un traumatisme, que ce soit dans l’os ou dans les tissus mous autour des fractures, n’avaient en effet pas pu être identifiés. En outre, il avait également été observé que ces fractures semblaient se développer de l’intérieur.

Dans le cadre d’une nouvelle étude menée au Danemark, des chercheurs ont donc tenté de préciser ces possibles facteurs de risque.

bréchet poules pondeuses
L’os de bréchet. Crédits : Wikipédia

Poids de la poule, âge du début de ponte et taille des oeufs

Au total, 4794 gallinacés de quarante centre d’élevage ont été étudiés en fin de ponte, au moment où ils devaient être abattus. Tous ces oiseaux ont été euthanasiés à la ferme, avant de subir une inspection et une palpation suivies d’une autopsie. Toutes les observations ont été enregistrées puis analysées à l’aide d’un logiciel statistique.

Dans les centres d’élevage sans cages, les auteurs ont relevé une prévalence de fractures de l’ordre de 53 % à 100 %. Dans les troupeaux issus de cages enrichies, la prévalence était similaire, variant entre 50 et 98 %.

Le poids vif en fin de ponte avait un effet sur le risque de fractures. Les poules lourdes avaient significativement moins de fractures en fin de ponte. Par ailleurs, plus les poules étaient âgées au début de la ponte, plus la prévalence était faible. En outre, la taille quotidienne des œufs au début de la ponte était importante. En effet, plus de 85 des poules sélectionnées pour pondre des œufs plus gros étaient sujettes aux fractures.

En conclusion, l’étude a démontré une prévalence très élevée de fractures de la quille du sternum chez les poules de tous les systèmes de production et a identifié trois facteurs de risque : la taille des poules, l’âge au début de la ponte et le poids quotidien des œufs au début de la ponte.

Bien que l’étude n’ait analysé que le Danemark, la prévalence de ces fractures est probablement très élevée chez les poules évoluant dans d’autres parties du monde également, d’autant plus que le Danemark est l’un des pays les plus stricts concernant les règles de bien-être animal.

Les auteurs soulignent ainsi le besoin de recherches supplémentaires axées sur ces trois facteurs de risque dans le but d’améliorer la situation de ces poules pondeuses.