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Le lien entre pollution de l’air et naissances prématurées clairement établi

Un bébé prématuré dans sa couveuse Crédits : Evan-Amos / Wikipédia

La pollution de l’air aurait contribué à près de six millions de naissances prématurées et à près de trois millions de bébés souffrant d’insuffisance pondérale dans le monde en 2019, selon une méta-analyse récente. La majorité des enfants concernés naissent dans les pays en développement.

La pollution de l’air est un facteur de risque majeur pour la charge mondiale de morbidité. Toutefois, jusqu’à présent, ses impacts sur les issues périnatales ont été considérés comme évocateurs, mais pas suffisants pour déduire une relation de cause à effet. Ainsi, si plusieurs facteurs de risque modifiables tels que le tabagisme et la nutrition ont été identifiés comme facteurs de risque de faible poids à la naissance ou de naissance prématurée, les effets de la pollution de l’air n’ont pas été précédemment inclus, et ce, malgré les nombreuses preuves démontrant les effets néfastes de l’exposition aux particules PM 2,5 pendant la grossesse.

Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs de l’UC San Francisco et de l’Université de Washington ont examiné de manière approfondie la façon dont la pollution atmosphérique affecte ces différents indicateurs clés de la grossesse. L’équipe s’est une nouvelle fois concentrée sur les PM2,5, car il s’agit du polluant le plus étudié en termes d’impacts sur les issues périnatales dans les analyses épidémiologiques. En outre, ces particules ont déjà été associées à plusieurs maladies chroniques.

Six millions de naissances prématurées

Publiés dans la revue PLOS One, les résultats montrent que la pollution de l’air a probablement contribué à près de six millions de naissances prématurées et à près de trois millions de bébés présentant une insuffisance pondérale rien que pour l’année 2019, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Dans ces pays, jusqu’à deux tiers des effets néfastes sur la naissance étaient liés à la pollution de l’air intérieur, principalement due à la combustion de charbon, de fumier et de bois (chauffage ou cuisson des aliments). Le tiers restant serait lié à la pollution extérieure ambiante causée par la combustion de combustibles fossiles (véhicules à moteur et industrie).

Pour les auteurs de l’étude, l’incidence mondiale des naissances prématurées et de l’insuffisance pondérale à la naissance pourrait être réduite de près de 78% si la pollution de l’air était minimisée en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne.

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Crédits : Unsplash / CC0 Public Domain

Stress fœtal

Les scientifiques n’ont pas encore pleinement compris pourquoi la pollution de l’air semble être étroitement associée aux naissances prématurées. Plus généralement, il est convenu que la pollution de l’air peut entraîner des produits toxiques dans le sang et stresser le système immunitaire. Ces agressions pourraient alors à leur tour affaiblir le placenta entourant le fœtus. Des études ont également indiqué que les particules de suie peuvent pénétrer dans la partie fœtale du placenta.

Quelle qu’en soit la cause, les chercheurs soutiennent que le lien entre pollution et naissance prématurée est désormais évident. “Le fardeau attribuable à la pollution atmosphérique est énorme, mais avec des efforts suffisants, il pourrait être largement atténué“, note le Dr Rakesh Ghosh, principal auteur de l’étude. “Avec ces nouvelles preuves mondiales et générées de manière plus rigoureuse, la pollution de l’air devrait désormais être considérée comme un facteur majeur de morbidité et de mortalité infantiles, et pas seulement des maladies chroniques de l’adulte“.