Un poisson avec des « dents humaines » et l’œil de Sauron découvert en Amazonie

poisson Sauron
Le nouveau poisson doit son nom à une bande sur son côté, qui ressemble étonnamment à « l'œil de Sauron ». Crédits : Mark H. Sabaj/Andrea Ferrari

Dans les eaux turbulentes du fleuve Amazone, une découverte récente a attiré l’attention des scientifiques : une nouvelle espèce de poisson baptisée Myloplus sauron en raison de sa bande noire rappelant l’Œil de Sauron. Elle a été identifiée après avoir été confondue pendant près de deux siècles avec une espèce voisine.

Que sont les pacus ?

Myloplus schomburgkii est une espèce de poisson appartenant à la famille des Serrasalmidae, souvent confondue avec les piranhas en raison de sa ressemblance physique. Cette espèce a été découverte pour la première fois en Amazonie en 1841 par le naturaliste et explorateur allemand Richard Schomburgk, d’où elle tire son nom.

Ces poissons intègrent la famille des pacus, originaires des eaux douces d’Amérique du Sud, notamment de l’Amazonie et des bassins fluviaux environnants. Physiquement, ils ont une silhouette similaire à celle des piranhas, mais avec des différences anatomiques importantes. Par exemple, leurs dents sont plates et ressemblent davantage à celles des humains qui sont conçues pour broyer plutôt que pour déchirer. Cette adaptation dentaire indique un régime alimentaire orienté vers la consommation de fruits et de plantes aquatiques plutôt que vers la prédation active.

Ainsi, contrairement aux piranhas, les pacus ne sont généralement pas considérés comme une menace pour les humains, à moins qu’ils se sentent menacés.

Pacus poissons sauron
Les Pacus sont souvent confondus avec les piranhas, mais presque tous ont un régime végétarien. Crédits : Mariano Sayno

L’identification de Myloplus sauron

Cela étant dit, des recherches récentes montrent que Myloplus schomburgkii n’est pas ce qu’il semble être. Des scientifiques ont en effet récemment utilisé des techniques avancées d’analyse génétique pour examiner sa population. Ils ont alors découvert qu’il était en réalité composé de trois espèces distinctes : Myloplus schomburgkii, Myloplus sauron et Myloplus aylans.

Les différences physiologiques subtilement observées, telles que le nombre de vertèbres, les rayons de la nageoire dorsale et la configuration des nageoires anales chez les femelles, ont permis de distinguer ces espèces jusque-là méconnues.

Myloplus sauron doit notamment son nom à une bande noire sur son corps qui présente une ressemblance frappante avec l’Œil de Sauron de l’épopée littéraire de JRR Tolkien, en raison de ses taches orange vif. Toutefois, ce poisson est beaucoup moins agressif que son homonyme du Seigneur des Anneaux, avec un régime composé principalement de plantes.

Suite à sa description, Myloplus sauron rejoint donc un club restreint d’animaux nommés d’après Sauron, dont un dinosaure et un groupe de papillons.

Malgré les similitudes morphologiques et génétiques entre ces espèces , des questions subsistent quant à leurs relations évolutives exactes. Les chercheurs envisagent différentes hypothèses, y compris l’évolution convergente où des espèces distinctes développent des traits similaires pour s’adapter à leur environnement commun.

Cette découverte souligne une fois de plus l’importance cruciale de la recherche continue dans les régions riches en biodiversité comme l’Amazone. Elle offre par ailleurs des perspectives nouvelles sur l’évolution et l’adaptation des espèces aquatiques dans des écosystèmes complexes et en évolution constante.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Neotropical Ichthyology.