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Rare : un poisson des profondeurs échoué sur une plage californienne

Crédits : Ben Estes

Avec sa gueule grande ouverte remplie de dents noires et son appendice terminé par une série de tentacules, cette créature marine semblait tout droit sortie d’un film d’horreur. En réalité, c’est un poisson très commun. Il est juste extrêmement rare d’en trouver un en aussi bon état.

Ce poisson-football (Himantolophidae), l’une des quelque 300 espèces de baudroie isolées à travers le monde, a été repéré il y a quelques jours sur une plage du parc national de Crystal Cove, en Californie, par un dénommé Ben Estes. “Je savais que c’était une découverte inhabituelle“, a déclaré l’intéressé au Guardian. Et cet habitué de la plage (qui est également un pêcheur expérimenté) l’assure : il n’avait jamais vu un tel poisson auparavant.

Un spécimen mort, mais en excellent état

Je ne sais pas s’il a véritablement compris les implications de ce qu’il a découvert“, a déclaré Jessica ROAME, du Watching Locker Sportfishing & Whale Davey. L’organisation a été parmi les premières à publier des photos du poisson sur les réseaux sociaux. “En marchant sur une plage, il peut arriver de tomber sur des créatures mortes ici et là“, a-t-elle ajouté. “Le plus surprenant, ici, c’est que ce spécimen était encore incroyablement bien conservé“.

Pour l’heure, on ignore encore comment ce poisson habitué à vivre dans les abysses du Pacifique à plus de 900 mètres de profondeur est arrivé jusqu’ici.

En attendant, les chercheurs sont simplement heureux de pouvoir jeter un nouveau coup d’œil sur cette espèce. Les responsables du service des parcs de l’État de Californie se sont rapprochés du musée d’histoire naturelle du comté de LA dans l’espoir qu’il puisse être transféré dans leur collection. Le musée en propose déjà trois, mais aucun n’est en si bon état.

 

Un coït à 800 m de profondeur

La première fois qu’un poisson de ce genre été identifié, c’était en 1933, au Groenland, selon un article fascinant publié en 2019 dans le New York Times. Depuis, les connaissances recueillies sur ces créatures nous viennent des quelques spécimens retrouvés morts sur les rivages ou tirés dans les filets.

Ces dernières années, les chercheurs et autres explorateurs ont également pu les observer directement dans leur environnement naturel. Lors d’une expédition sous-marine opérée en 2018, Kirsten et Joachim Jakobsen ont même surpris deux de ces poissons (Caulophryne jordani) en plein coït au large de l’île de São Jorge, à l’ouest du Portugal, à plus de 800 mètres de profondeur. Il s’agissait d’une première.

Abandonnant leur plan de faire surface, les cinéastes avaient alors suivi le couple pendant vingt-cinq minutes, capturant leurs mouvements à travers la fenêtre de leur submersible :