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Comment les plus anciens pantalons du monde ont-ils été fabriqués ?

Crédits : Quaternary International

Il y a quelques années, un groupe d’archéologues tombait sur deux pantalons en laine vieux d’environ 3 300 ans dans l’ouest de la Chine, les plus anciens jamais trouvés. Dans le cadre d’une étude, des chercheurs se sont intéressés au processus de conception et de fabrication de ces deux pièces.

En 2014, des archéologues tombaient sur les restes de deux anciens pantalons dans les tombes numérotées M21 et M157 d’un ancien cimetière de la région ouïghoure du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine. Le climat très sec de la région avait préservé les corps, mais également ces quelques vêtements qui jadis appartenaient à deux guerriers d’une quarantaine d’années. L’analyse au radiocarbone suggère que ces deux pièces ont été conçues entre le XIIIe et le Xe siècle av. J.-C.. En ce sens, ils représentent les plus anciens pantalons connus.

Plus de huit ans après cette découverte, les mêmes chercheurs ont continué analyser l’un de ces pantalons dans le but d’en apprendre davantage sur sa conception. Leurs travaux viennent de faire l’objet d’une étude publiée dans la revue Quaternary International.

Une approche innovante

Au départ, l’équipe était perplexe sur la façon dont le pantalon avait été conçu, car il n’y avait aucune trace de coupure sur le tissu. Elle a finalement souligné une combinaison de trois techniques de tissage.

Plus concrètement, le pantalon était composé de trois pièces de tissu tissées indépendamment. Presque rectangulaires, deux d’entre elles étaient disposées de chaque côté, couvrant toute la longueur de la ceinture à la cheville. La troisième, en forme de croix, est située à l’entrejambe pour combler l’écart entre les deux pièces latérales. Le processus de confection n’impliquait ainsi pas de couper le tissu. Au lieu de cela, les pièces étaient façonnées sur le métier à tisser à la bonne taille pour s’adapter à une personne spécifique.

En outre, les fils des trois tissus et ceux ayant permis la couture finale correspondent en couleur et en qualité. Pour les chercheurs, cela suggère que le tisserand et le tailleur étaient la même personne ou bien que les deux ont coopéré de manière très coordonnée.

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Crédits : Institut archéologique allemand, M. Wagner

Des vêtements taillés pour faire du cheval

La conception de ce pantalon, avec des jambes droites et un entrejambe large, semble être un prédécesseur du pantalon d’équitation moderne. Un équipement pour chevaux et des armes retrouvés dans les deux tombes renforcent également cette idée. Celui qui le portait était probablement un chevalier martial.

L’étude a également révélé qu’une grande partie de ces vêtements était composée de sergé. Il s’agit d’un tissage de tissu polyvalent que l’on retrouve dans la plupart des jeans modernes pour les rendre plus élastiques.

Enfin, sur la section du genou, une technique de tissage de tapisserie aurait été utilisée pour produire un tissu plus protecteur au niveau des articulations. La ceinture, au niveau de la taille, était également plus épaisse. Des motifs géométriques décoratifs ont par ailleurs été tissés au niveau des genoux, des chevilles et des mollets.