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La plus haute tour scientifique au monde vient de voir le jour en Amazonie

Crédits : Capture vidéo

La forêt amazonienne produit un tiers de l’oxygène disponible sur la planète. Alors que la région connait sa pire sécheresse depuis 40 ans, une tour a été érigée afin d’évaluer les relations entre la forêt et l’atmosphère au niveau de la qualité de l’air et de ses variations chimiques.

Le projet a été baptisé Amazonian Tall Tower Observatory (ATTO) : un mât d’une hauteur de 325 m (pour 142 000 tonnes) surplombe la forêt amazonienne au niveau de la réserve d’Uatuma, où deux tours étaient déjà présentes (50 et 80 m de hauteur). Il s’agit d’un projet commun à l’Institut de recherches d’Amazonie du Brésil (INPA) et à l’Institut allemand Max-Planck. Cet édifice incarne la plus haute tour scientifique du monde, ayant couté la bagatelle de 9 millions d’euros, l’Allemagne et le Brésil partageant le projet à parts égales.

« La tour est principalement là pour détecter des gaz à effet de serre comme le CO2, le méthane, le protoxyde d’azote, et l’ozone. Des gaz qui réchauffent l’atmosphère et ces gaz sont échangés avec la surface, avec le sol. Nous voulons en savoir plus sur la quantité de ces gaz qui s‘échappent de ce système, de la forêt et de ceux qui sont intégrés. Nous voulons comprendre comment fonctionnent cet échange » explique Jurgen Kesselmeier, coordinateur du projet Atto.

La tour devrait collecter des données pendant une trentaine d’années. Ces données serviront à alimenter les modèles de prévision du climat tandis que les chercheurs voudraient informer la sphère politique internationale. Ces relevés concernent donc les gaz, l’eau, les vents, la chaleur, la formation de nuages, la capacité d’absorption de CO2, et d’une manière générale les conditions météo.

« Grâce à cette tour, nous allons mieux comprendre l’effet [de l’Amazonie] sur le climat local, mais aussi sur le climat mondial », indique le Pr Antonio Ocimar Manzi, coordinateur du côté brésilien. « Le fait d’être loin des villes et de l’influence de l’homme assure une collecte de données relativement vierges », indique Meinrat Andrae, directeur de l’Institut Max Planck.

Cette tour a donc son importance dans la recherche concernant le poumon de la planète, soumis à une sécheresse intense sur fond de déforestation perpétuelle (1/5e de la forêt a déjà été perdue). Installée en août 2015, la tour n’est opérationnelle que depuis décembre.

Voici une vidéo de présentation du projet par l’Institut Max Planck :

Sources : EuronewsWe Demain