Les scientifiques ont identifié la plus grande éruption volcanique de l’histoire récente

éruption volcanique Kikai-Akahoya
L’éruption du Kikai-Akahoya était une explosion sous-marine, semblable à la gigantesque éruption des Tonga en 2022 (photo ci-dessus). Crédits : NASA

L’éruption volcanique du Kikai-Akahoya, survenue il y a environ 7 300 ans au sud de l’île japonaise de Kyushu, a été identifiée comme la plus grande éruption enregistrée de l’Holocène, la période géologique actuelle. Les scientifiques ont longtemps eu connaissance de cette éruption, mais les recherches récentes ont permis de mieux comprendre son ampleur et son impact.

Percer les secrets du Kikai-Akahoya

Le volcan sous-marin Kikai, situé sous la mer au sud de l’île japonaise de Kyushu, est réputé pour avoir engendré trois éruptions majeures au cours des 140 000 dernières années. La plus récente, connue sous le nom d’éruption Kikai-Akahoya, remonte à environ 7 300 ans. La particularité de ce volcan sous-marin réside dans le fait qu’il se trouve là où la plaque tectonique philippine se glisse sous la plaque eurasienne. Cette interaction crée un environnement propice aux phénomènes volcaniques.

Cependant, en raison de son emplacement sous-marin et de la difficulté d’accéder à cette zone reculée, les scientifiques ont rencontré des difficultés pour évaluer l’étendue précise de cette éruption.

Plus récemment, grâce aux avancées technologiques, des chercheurs ont utilisé des données sismiques pour cartographier les fonds marins entourant le volcan. Cette opération a permis de révéler des gisements sous-marins significatifs. Pour obtenir des échantillons, un robot télécommandé a été déployé pour forer le fond marin à plusieurs endroits, extrayant ainsi des carottes de sédiments.

Cette approche a ouvert la voie à une analyse détaillée des sédiments et a mis en lumière une couche de verre volcanique s’étendant sur 4 500 kilomètres carrés. Cette dernière correspondait à la composition et au moment de l’éruption de Kikai-Akahoya.

éruption volcanique Kikai-Akahoya
Crédits : Evan Austen/istock

Une éruption record

Ces nouvelles données ont révélé que l’éruption avait éjecté environ 71 kilomètres cubes de matériaux dans la mer, soit près du double des estimations antérieures.

En consolidant les données issues des sédiments sous-marins avec celles provenant des débris volcaniques déposés sur terre, les chercheurs ont pu estimer de manière plus précise l’ampleur totale de l’éruption du Kikai-Akahoya. Selon leurs calculs, elle aurait propulsé un volume colossal de matière qui est estimé entre 332 et 457 kilomètres cubes.

Pour mieux comprendre l’immensité de cette quantité, il est intéressant de la mettre en perspective. Ces chiffres impressionnants suggèrent que les matériaux éjectés par l’éruption pourraient remplir deux fois le lac Tahoe aux États-Unis. Ce dernier, situé dans la Sierra Nevada en Californie, est l’un des lacs les plus profonds d’Amérique du Nord. Cette comparaison met en lumière l’énormité de l’événement volcanique survenu il y a environ 7 300 ans.

En conséquence, cette éruption du Kikai-Akahoya est désormais considérée comme la plus importante de l’Holocène, une période géologique qui englobe les derniers 12 000 à 11 500 ans de l’histoire terrestre. Cette affirmation renforce le statut de cette éruption comme l’une des plus remarquables de l’ère moderne en ce qui concerne le volume de matière éjectée, surpassant même des événements volcaniques notables de l’Holocène, tels que l’éruption minoenne de Santorin.

L’éruption du Kikai-Akahoya, bien que remarquable, est cependant encore loin d’égaler d’autres plus anciennes, comme celle du supervolcan Toba à Sumatra il y a environ 74 000 ans, qui aurait émis environ 5 000 km cubes de magma.

Les détails de l’étude sont publiés dans le Journal of Volcanology and Geothermal Research.