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Le plus grand rival de SpaceX travaille sur sa propre fusée réutilisable

Crédits : United Launch Alliance

Si SpaceX a récemment fait les gros titres suite au lancement réussi le 6 février dernier du Falcon Heavy, l’entreprise d’Elon Musk n’a pas le monopole du lanceur lourd. Son premier rival, United Launch Alliance (ULA), une société créée par les titans de l’industrie aéronautique Boeing et Lockheed Martin en 2005, travaille également sur une fusée réutilisable du même calibre.

Pour vous offrir les services de la plus grande fusée de l’ULA, la Delta IV Heavy, vous devrez  toutefois débourser la somme folle de 350 millions de dollars par lancement. Problème, ces lancements sont désormais beaucoup trop chers comparés aux mêmes services rendus par le Falcon Heavy. Chaque lancement signé SpaceX ne vous coûtera en effet que 90 millions de dollars. Pourquoi ? Parce que SpaceX fait du recyclage. L’ULA doit donc pouvoir s’aligner : elle prévoit ainsi de retirer son lanceur dans quelques mois, et développe actuellement sa propre fusée réutilisable, surnommée Vulcan.

« Vulcan sera lancée au milieu de l’année 2020 », déclarait il y a quelques jours le PDG de l’entreprise, Tory Bruno, à Business Insider, ajoutant que les tarifs de chaque lancement « débuteront à moins de 100 millions de dollars », soit une réduction de 70 % par rapport à la Delta IV Heavy. Jusqu’au lancement du Falcon Heavy de SpaceX, elle était la fusée opérationnelle la plus puissante au monde, capable d’envoyer près de 32 tonnes – environ plus de deux poids lourds – de charge utile en orbite terrestre basse. La Vulcan elle, devrait pouvoir transporter jusqu’à 40 tonnes de charge utile en orbite terrestre basse, soit près de trois autobus scolaires.

C’est moins que le Falcon Heavy de SpaceX, qui peut soulever plus de 70 tonnes (près de cinq autobus scolaires), mais le PDG note qu’il y aura de grandes différences entre les deux systèmes, qui rendront la Vulcan compétitive. La principale différence sera l’étage supérieur de la fusée. Le Falcon Heavy utilise actuellement un kérosène RP-1 de type fusée comme combustible, mais il peut geler dans l’espace après quelques heures. L’étage supérieur de la Vulcan utilisera de l’oxygène cryogénique et de l’hydrogène, qui résistent mieux aux températures de l’espace. L’ULA travaille également pour faire évoluer son étage supérieur de sorte qu’il puisse, après avoir déployé un vaisseau spatial, être laissé en orbite pendant des mois ou des années et être ravitaillé en carburant, au lieu d’être jeté comme une carcasse dans l’espace.

« Vous pourriez les utiliser à d’autres fins », explique Tory Bruno. « Il ne s’agit pas seulement d’économiser un peu d’argent sur le coût du service de lancement, cela pourrait devenir un système de transport qui permette une activité économique entre ici et la Lune, et entre les astéroïdes ». Malgré tout, le lanceur ne sera pas mis en service avant 2020, ce qui laisse encore une belle marge de manœuvre à SpaceX qui, notons-le au passage, travaille sur sa propre phase supérieure cryogénique.

SpaceX consacre également une part de plus en plus importante de ses ressources au développement d’un système de lancement interplanétaire de 106 mètres de haut : la BFR, ou Big Fucking Rocket, qui pourrait voir le jour en 2022. Pendant ce temps, la compagnie aéronautique du milliardaire Jeff Bezos, Blue Origin, développe et construit tranquillement son propre système de fusée réutilisable, la New Glenn. Reste à voir si l’ULA et Blue Origin pourront suivre le rythme effréné de SpaceX dans cette nouvelle course spatiale. Le premier sur Mars a gagné.

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