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Plus de 70 empreintes de dinosaures et de mammifères découvertes sur le parking de la NASA

Vue détaillée d'une coulée de la plaque de grès avec plus de 70 traces de dinosaures et de mammifères découvertes au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, Maryland. Crédit: Centre de vol spatial Goddard de la NASA / Rebecca Roth

Une plaque de grès découverte près du Goddard Space Flight Center de la NASA révélait il y a quelques jours au moins 70 traces de mammifères et de dinosaures, datant de plus de 110 millions d’années. Un rare aperçu de l’interaction entre les mammifères et les dinosaures à cette époque.

Imaginez il y a 110 millions d’années, dans le marais qui allait devenir la banlieue de Washington, un nodosaure géant se traînant le long d’une berge, et y laissant une empreinte révélatrice dans la boue, sa progéniture derrière. D’autres dinosaures se pressent dans le décor : un sauropode à long cou et plusieurs petits théropodes – plus petits cousins ​​du redoutable Tyrannosaurus Rex. Peut-être étaient-ils à la poursuite de ces petites créatures ressemblant à des rongeurs, déjà présents à cette époque ? Ou peut-être étaient-ils tous en train de fuir ?

Ces traces ont été découvertes par Ray Stanford, un expert local des dinosaures, dont l’épouse Sheila travaille au Goddard Space Flight Center de la NASA. Après avoir déposé Sheila au travail un jour en 2012, Ray a repéré un rocher intrigant sur une colline derrière le bâtiment. Il a alors découvert une piste de dinosaure sur la roche exposée. L’excavation aura finalement révélé une dalle de la taille d’une table de salle à manger, recouverte de dizaines de traces de différents animaux.

Sur cette plaque remarquable, d’environ 2,4 mètres de long sur 90 centimètres de large, s’impriment en effet près de 70 traces de huit espèces différentes, y compris des mammifères de la taille d’un écureuil et des dinosaures imposants. L’analyse suggère que toutes les traces ont probablement été faites à quelques jours d’intervalle, à un endroit qui aurait pu être à l’époque le bord d’une zone humide. « La concentration de traces de mammifères sur ce site est plus élevée que n’importe quel autre site dans le monde », note Martin Lockley, paléontologue à l’Université du Colorado à Denver, co-auteur de l’étude qui a suivi la découverte.

Crédits : NASA’s Goddard Space Flight Center/Rebecca Roth

La découverte, rapportée le 31 janvier dans la revue Scientific Reports, révèle au moins 26 traces de mammifères, et constitue la plus grande piste d’animaux jamais découverte depuis le Crétacé. Plusieurs de ces traces sont localisées par paires et représentent les pattes postérieures. « Il semble que ces animaux de la taille d’un écureuil se soient arrêtés pour s’asseoir sur leurs hanches », poursuit le chercheur.

La première trace découverte fut en revanche celle d’un nodosaure. Imaginez alors une espèce de chars à quatre pattes. L’examen subséquent aura ensuite révélé l’empreinte de son bébé à côté et à l’intérieur de l’empreinte adulte, indiquant probablement qu’ils voyageaient ensemble. Les autres traces de dinosaures incluent celles d’un sauropode (un dinosaure à long cou), de petits théropodes (des dinosaures carnivores de la taille d’un corbeau apparentés au Velociraptor et au Tyrannosaurus Rex)  et des ptérosaures, un groupe de reptiles volants qui incluent des ptérodactyles.

« C’est une véritable machine à remonter le temps », note Stanford. « Nous pouvons observer quelques jours d’activité de ces animaux et nous pouvons les imaginer interagir les uns par rapport aux autres ». L’analyse de la dalle se poursuit, avec peut-être en perspective d’autres découvertes.

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