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Ce sont les plus anciennes empreintes d’Homo sapiens jamais enregistrées

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Une empreinte vieille de 153 000 ans. Crédits : Charles Helm

Une équipe annonce avoir identifié des empreintes imprimées dans le sol il y a plus de 150 000 ans par Homo Sapiens. Il s’agirait des plus anciennes traces de pas connues attribuées à notre espèce. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Ichnos.

Les ichnosites sont des empreintes, des traces ou des indices laissés par des organismes vivants dans des sédiments ou des roches. Ils peuvent prendre différentes formes, telles que des empreintes de pas, des traces de déplacements, des tunnels, des terriers, des nids ou des marques d’alimentation.

Ces témoignages du passé jouent un rôle important en paléontologie et en anthropologie, fournissant aux chercheurs des informations essentielles sur les comportements, les habitudes de vie et les interactions d’organismes passés.

Une équipe dirigée par Charles Helm, de l’Université Nelson Mandela, a d’ailleurs récemment identifié sept de ces ichnosites attribuées à Homo Sapiens dans les éolianites de la côte sud du Cap, en Afrique du Sud.

Une technique a permis de dater ces échantillons

Pour dater ces empreintes, les chercheurs ont utilisé une technique de pointe connue sous le nom de luminescence stimulée optiquement. Il s’agit d’un procédé dans lequel la luminescence d’un matériau est induite par l’absorption de la lumière. Contrairement à la fluorescence, qui est une émission de lumière instantanée après l’excitation, la luminescence stimulée optiquement implique une émission retardée de la lumière.

Concrètement, le processus repose sur l’utilisation de matériaux ayant la capacité de stocker l’énergie absorbée sous forme de charges électriques ou de défauts structuraux. Une fois exposés à une source de lumière, ces matériaux absorbent alors l’énergie de la lumière et la stockent dans leurs structures. Par la suite, lorsqu’ils sont soumis à une stimulation externe, telle qu’une source de lumière ou un faisceau laser, une partie de l’énergie stockée est libérée sous forme de luminescence. Cela se produit lorsque les charges électriques ou les défauts structuraux se réorganisent et retournent à leur état énergétique initial, émettant ainsi de la lumière.

La luminescence stimulée optiquement est utilisée dans diverses applications. Ici, les chercheurs y ont eu recours pour déterminer l’âge des sédiments ou minéraux qui entourent les empreintes. Concrètement, lorsque les sédiments ou les minéraux sont enterrés ou recouverts, l’accumulation de charges électriques commence à s’estomper progressivement au fil du temps. En exposant ensuite ces échantillons à une stimulation lumineuse contrôlée en laboratoire, les chercheurs ont pu mesurer la quantité de luminescence émise, ce qui leur a permet d’estimer la durée écoulée depuis l’enfouissement.

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L’une des empreintes datée de 76 000 à 90 000 ans. Crédits : Charles Helm

Des empreintes vieilles de plus de 150 000 ans

D’après l’étude, la plupart des échantillons que l’équipe a examinés dataient d’il y a entre 70 000 et 130 000 ans. Cependant, les échantillons prélevés autour de l’une des empreintes préservées dans de hautes falaises auraient été datés à environ 153 000 ans (+/-10 000 ans). Bien qu’il existe des empreintes de pas préservées plus anciennes d’autres espèces d’hominidés à travers l’Afrique, l’Asie ou même l’Europe, il s’agirait ici des plus anciennes traces de pas connues attribuées à Homo sapiens.

Notez que des vestiges plus anciens, tels que des outils ou des ossements, laissent penser que nos ancêtres évoluaient déjà en Afrique il y a entre 250 000 et 300 000 ans.