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La plus ancienne preuve d’amputation connue remonte à 31 000 ans

Crédits : Jose Garcia (Garciartist) et Griffith University

Il y a environ 31 000 ans, un chirurgien préhistorique a coupé le bas de la jambe d’un enfant chasseur-cueilleur à Bornéo. Des archéologues ont en effet récemment découvert les preuves de cette opération désormais considérée comme la première amputation médicale jamais enregistrée. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature.

Les amputations chirurgicales telles que nous les connaissons aujourd’hui ne sont pas devenues une pratique courante qu’à partir de la fin des années 1 800. Nous devons cette percée au chirurgien et scientifique britannique Joseph Lister, et à sa découverte des antiseptiques. Avant cela, les dossiers historiques et fossiles rapportent de nombreux cas opérés dans des conditions beaucoup plus précaires.

Jusqu’à présent, la plus ancienne preuve d’une amputation sur un humain impliquait un fermier âgé de l’âge de pierre, dont l’avant-bras gauche avait été coupé chirurgicalement il y a environ 7 000 ans. Un nouveau record vient de tomber à 31 000 ans.

Le patient a survécu

Le patient était un enfant, dont les restes ont été découverts à l’intérieur d’une grotte calcaire située dans la partie indonésienne de Bornéo. L’abri n’est accessible que par bateau et uniquement à certains moments de l’année. D’après l’étude, des « excroissances osseuses révélatrices liées à la guérison » suggèrent que le membre (le bas de la jambe, y compris le pied) a été « amputé chirurgicalement, et non le résultat d’une attaque animale ou d’un autre accident tragique« .

Le chirurgien de l’époque était habile. En effet, une datation au radiocarbone de l’émail des dents du patient suggère que ce dernier a continué à vivre six à neuf ans après l’amputation. « Ce fut une énorme surprise que cet ancien butineur ait survécu à une opération d’enfance très grave et potentiellement mortelle, que la blessure ait cicatrisé pour former une souche et qu’il ait ensuite vécu pendant des années sur un terrain montagneux avec une mobilité altérée« , souligne Melandri Vlok, de l’Université de Sydney et co-auteure de l’étude. « [Cela suggère] un degré élevé de soins communautaires ».

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Les restes squelettiques de l’individu avec une jambe amputée. Crédits : Tim Maloney
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Illustration d’une mère et son enfant avec une jambe amputée laissant leurs empreintes sur le plafond d’une grotte. Crédits : Vera Planert

Avant cette découverte, les chercheurs pensaient que les humains manquaient de connaissances et des outils nécessaires pour effectuer des procédures aussi complexes. En réalité, au moins certains Hommes préhistoriques devaient avoir suffisamment de notions sur la structure des membres, des muscles et des vaisseaux sanguins pour prévenir les pertes de sang et les infections mortelles.

Les archéologues n’ont pas pu déterminer pourquoi la jambe de l’enfant avait dû être amputée. On ignore également s’il s’agit d’un cas véritablement isolé ou si la pratique était plus courante à cette époque.